La fuite et l’expulsion dans le cinéma de langue allemande (1946-2018) : : représentations, rôles et fonctions

par Brigitte Pirastru (Rigaux)

Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Gwénola Sebaux.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de Arts, lettres et langues , en partenariat avec 6 - 3LAM Langues, Littérature, Linguistiques des Universités d'Angers et du Maine (equipe de recherche) depuis le 10-10-2016 .


  • Résumé

    Depuis le milieu du XXe siècle, le cinéma, tous genres confondus, joue un rôle majeur dans la représentation du passé. Plus que tout autre média, il écrit l’histoire, fabrique des mythes et façonne les mémoires collectives au fil des époques et des régimes politiques. Cette étude comparative et diachronique d’un corpus de films germanophones mettant en scène ou évoquant la fuite et l’expulsion des Allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale identifie et met en lumière leurs rôles et leurs fonctions au sein des différentes sociétés concernées : zones d’occupation, Allemagne de l’Est et de l’Ouest, Allemagne réunifiée et Autriche. L’analyse, structurée en trois parties, est tout d’abord consacrée à l’histoire des émotions, démontrant la contribution du cinéma à un travail de résilience chez les expulsés. Abordant ensuite le thème de l’historiographie, elle relève l’importance permanente de l’intégration, voire de l’assimilation, et souligne la complexité des interactions avec le passé national-socialiste ainsi qu’avec les évolutions socio- politiques contemporaines de la réalisation des oeuvres. En outre, elle dévoile que les différences idéologiques entre les deux Allemagnes, flagrantes à l’écran, n’empêchent cependant pas des convergences dans les représentations et les objectifs poursuivis. La troisième partie traite des identités, se penchant notamment sur les origines, les pratiques linguistiques et le genre des expulsés à l’écran. Elle s’achève avec les facettes de la fuite et l’expulsion volontairement ignorées, dont l’absence est également lourde de sens. In fine, il s’avère que le cinéma constitue un témoin précieux de la relation qu’une société entretient avec son passé.

  • Titre traduit

    Flight and Expulsion in German-Language Cinema (1946-2018): : representations, Roles and Functions


  • Résumé

    Since the middle of the 20th century, cinema, all genres combined, has played a major role in the representation of the past. More than any other medium, it writes history, creates myths and shapes collective memories over the course of eras and political regimes. This comparative and diachronic study of a corpus of German-language films depicting or evoking the flight and expulsion of Germans at the end of the Second World War identifies and highlights their roles and functions within the different societies concerned: zones of occupation, East and West Germany, reunified Germany and Austria. The analysis, structured in three parts, begins by examining the history of emotions, demonstrating the contribution of cinema to the development of resilience among expellees. Turning then to the theme of historiography, this study notes the ongoing importance of integration, or even assimilation, and underlines the complexity of the interactions with the National Socialist past as well as with contemporary socio-political developments in the realisation of the works. Moreover, it reveals that the ideological differences between the two Germanies, which are obvious on the screen, do not however prevent convergences in the representations and objectives pursued. The third part deals with identities, looking in particular at the origins, language practices and gender of the expellees on the screen. It ends with the facets of flight and expulsion that are deliberately ignored, the absence of which is also significant. In the end, it turns out that cinema is a precious witness to the relationship a society has with its past.