Controverse autour de la fin de la gratuité de l'éducation au Maroc

par Wiame Idrissi Alami

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Jean - noel Ferrie.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire , en partenariat avec Pacte, Laboratoire des sciences sociales (laboratoire) et de Environnements (equipe de recherche) depuis le 01-01-2017 .


  • Résumé

    La relance du débat autour de la gratuité de l'enseignement public supérieur au Maroc et les vives réactions que la décision du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a provoqué au sein de l'opinion publique nous interrogent sur les enjeux politiques et sociaux de la gouvernance des politiques de l'éducation au Maroc. Alors que la réforme du système éducatif y est entamé depuis 1999 avec le lancement de la Charte de l'Education et de la Formation, et les nombreux efforts consacrés à la généralisation de l'enseignement, l'enseignement public peine à se réformer et voit même sa qualité se détériorer au profit du développement du privé. Devant ce constat et le retard accumulé en matière de réforme, l'Etat se retrouve dans une situation qui le pousse à encourager la privatisation de l'école et l'introduction de droits de scolarité dans le supérieur pour faire face à la crise du nombre à gérer et à l'accroissement des besoins parallèlement à l'amoindrissement de ses ressources. Qu'est-ce qui justifie le choix des gouvernants de faire appel au ciblage et à la solidarité nationale pour répercuter le coût des dépenses en matière d'éducation ? Quel effet cela aura-t-il à la fois sur la qualité du système d'enseignement supérieur et sur les inégalités d'accès à la connaissance ? assiste-t-on à un tournant néolibéral dans la gouvernance des politiques sociales de l'éducation ? On tentera de répondre à ces questions en analysant à la fois l'évolution du débat sur la gratuité, les différentes prises de positions et leurs déterminants, les renoncements qui révèlent les préférences des acteurs et les buts poursuivis, les stratégies et les intérêts de chacun en fonction des contraintes institutionnelles, et comment cela impacte la manière dont cette politique publique est gouvernée et en modifie le contenu...

  • Titre traduit

    A moroccan controversy on the end of free higher education


  • Résumé

    We've been attending lately to the comeback of the debate on free higher education to the moroccan public sphere after the Higher Council of Education voted the end of free higher education and the application of fees for the students from a wealthiest social background. This direct contribution of families to university funding covered by the media as "the end of free public education" received a strong social backlash from unions and student movements but also leftist parties worried about the implementation of this policy and its extension to the middle class which already pays a high price for education. However this question is far from being new since it has been discussed from the 90's and announced back in 1999 (Charte de l'Education-Formation de 2000). It's then interesting to study why it has taken so much time for this policy to be implemented, is it the fear of social mobilization ? Which effect could it really have on the quality of the education system and on social inequality ? The purpose of this thesis is to understand what stakes are behind the new governance of educational policy in Morocco, how decision-making in education policy is affected by the political system and how does it take into consideration the social risks due to the reform. In order to do so, we will study retrospectively the evolution of the debate and the policy choices related to it by interviewing the main actors of its governance but also social and political activists contesting these choices. The aim is to understand their strategies according to their interests and perceptions in order to learn more about the determinants of policy change in educational reform.