Le mot "crise" dans le discours politique de 1959 à 2015

par Sandy Emonot

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Dominique Ducard et de Jean-Marc Leblanc.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec CEDITEC - Centre d'Etude des Discours, Images, Textes, Ecrits, Communications (laboratoire) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Qu'il soit un virus de la langue ou un mythe contemporain, le mot crise n'a plus de frontières et s'agite comme un électron libre dans le champ de la parole commune et plus fortement dans le discours politique qui encadre notre société. Et depuis quand ? C'est la question que l'on doit se poser. Car si le mot crise est un mot vide de sens aujourd'hui, il définit les rouages d'un mythe politique, social, culturel (etc.) complexe qui se drape de tous les sens possible. A défaut de pouvoir donner un sens au mythe qui paradoxalement s'est installé dans la société comme une réalité, nous pouvons redonner du sens au mot et décortiquer le mythe jusqu'à la racine pour revenir à l'essentiel : la signification dans le discours. Il s'agit de comprendre l'évolution de ce vocable dans les discours de président de la Vème république. Étudier le mot crise(s) sous Jacques Chirac par exemple c'est s'intéresser à près de mille huit cent interventions orales, réparties sur douze années de présidence, soit plus de 2 millions d'occurrences, pour seulement 1072 apparitions de ce même mot. Il s'agit alors de choisir les énoncés sur lesquels le travail s'effectue. Dès lors, nous allons mettre en place une concaténation d'extraits choisis, afin d'affiner l'analyse en limitant au maximum le nombre de variables. Faire ce choix, c'est réduire l'impact du contexte sur le discours et tendre vers un subterfuge méthodologique qui doit être expliqué à défaut de compromettre notre placement épistémologique. Le corpus est construit pour « la » crise, « les » crises. L'ordre du discours pourrait s'en trouvé invalidé et normalisé autour d'un axe préconstruit afin de trouver ce que l'on cherche et non ce qui est. C'est le voisinage direct du mot qui dessine son sens et son dessein, car un mot n'existe pas par lui-même, il est lu et entendu à travers les mots qui ont l'habitude de coexister dans le discours*. Ainsi, réduire le champ lexical pour ne s'intéresser qu'à la « coexistence » permet d'affiner le sens du mot crise(s) dans son environnement linguistique. Si l'on construit un champ sémantique restreint autour d'un vocable choisi, sur un corpus d'une si grande amplitude, il est plus aisé de prendre en compte la distribution de ce dernier et d'en approfondir son analyse.

  • Titre traduit

    The word "crisis" in the political discourse of 1959-2015


  • Résumé

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