Parcours de vies suicidant sur les réseaux sociaux à l'aune des épistémologies constructivistes : une étude quali-quanti du suicide.

par Florian Lombardo

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Philippe Joron.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 60, Territoires, Temps, Sociétés et Développement , en partenariat avec LERSEM - Laboratoire d'études et de recherches en sociologie et en ethnologie de Montpellier (laboratoire) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Le suicide est un phénomène humain d'une complexité humainement inaccessible. C'est en tout cas ce que laisse supposer le dernier siècle de recherche sur le sujet qui se solde par une quantité colossale d'études et un taux de mortalité auto-infligé peu diminué. C'est en considérant la causalité du suicide comme une boite noire de laquelle ne sont connus que quelques éléments, parfois incompatibles entre eux, que le phénomène est ici envisagé. À ceci s'ajoute l'impossibilité de verbaliser la tendance suicidaire sans la reconstruire au travers d'un récit, nécessairement éloigné de son aspect pulsionnel. Il est postulé que l'instinct de mort est présent chez tout un chacun, mais est d'ordinaire rendu si peu présent par d'autres aspects de la vie (amis, famille, réflexions et centres d'intérêt divers...) qu'il ne se manifeste que rarement (un français aléatoire n'a qu'une chance sur 11.000 de se suicider). Pour envisager une meilleure compréhension du phénomène malgré ces éléments, il est envisagé d'utiliser une épistémologie constructiviste qui porte comme point fort la théorisation des processus au travers desquels certains événements gagnent ou perdent en « réalité » au cours de la vie et d'employer la méthode du récit de vie auprès de personnes ayant effectué des tentatives de suicide pour comprendre, sans verbaliser le phénomène en lui-même comment l'instinct de mort gagne auprès d'un individu une « réalité » telle qu'il devienne inéluctable et prenne acte. Nous utiliserons les outils proposés par la démarche structurale des représentations sociales en psychologie sociale. Cette dernière stipule que l'identité d'un individu est composé d'un ensemble de représentations caractérisées par l'existence d'un noyau central, immuable et déterminant dans la construction et la compréhension des représentations périphériques qui représentent la grande majorité des éléments constituants l'identité. Notre objectif est d'identifier ces éléments centraux pour mettre en exergue un nombre restreint d'éléments conduisant un individu au suicide.

  • Titre traduit

    Suicidal life-stories on social networks seen from the constructivist epistemologies' point of vue : a quali-quanti study of suicide.


  • Résumé

    Suicide is a human phenomenon carrying a humanly unreachable complexity. It is at least what might suggests the last century of study on the topic that solved itself by an enormous quantity of researches and a self-inflicted mortality rate that is not so diminished. It is by considering the causality of suicide as a black box from which only a few elements, sometime contradictory, are knows that the phenomenon is thought. Moreover, the suicidal tendency seems impossible to verbalize without losing one of its essential aspect : it is a instinctual act. It is postulated that the death instinct is omnipresent in every individual but is usually made invisible by other aspects of life (friends, family, thoughts and hobbies…) so that it does only manifests itself very rarely (a random french person has only about one chance out of 11,000 to die from suicide). In the purpose to reach a better understanding of the phenomenon despite those elements, it is planned to use a constructivist epistemology that carries as strong point the study of the processes through which events loose or gain 'reality' for an individual. This will be set up by using the life-story methodology with people who have attempted to kill oneself in the purpose to understand, without needing a verbalization of the suicidal impulse, how the death instinct take enough 'reality' so that it becomes inevitable and takes act. In this purpose we will be using the tools given to us by the structural theory of the socials representations. It postulate that the identity of an individual is composed of representations that are themselves made of a core and peripherical elements, the core being unchangeable. Our purpose is to identigy the core representations of the identity of a suicidal individual in the purpose to reduce the complexity of the social phenomenon that might explain suicidal endehavior.