L'architecture en mode mineur

par Frédéric Saint-cricq

Thèse de doctorat en Architecture

Sous la direction de Frédérique Villemur.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec Laboratoire Innovation Formes Architectures Milieux (laboratoire) .


  • Résumé

    La problématique de notre recherche trouve sa source dans les qualités sensibles des édifices que nous percevons mais ces qualités ne peuvent être attribuées à des concepts et des causes factuelles. Les mots ne peuvent circonscrire le sensible sous le régime de la signification et les concepts sont trop larges pour déterminer l'unicité d'un édifice ou d'un énoncé. Dans le mode majeur de la représentation, la pensée réfléchit des objets et des sujets déjà formés depuis lesquels les attributs sensibles sont signifiés. Mais ce mode majeur de la pensée ne peut saisir l'unicité d'un édifice ou de son énoncé. Cette unicité se réalise dans une occurrence génétique, des dynamiques sensibles et sémiotiques déterminant progressivement les qualités et les énoncés. Notre recherche s'attache à construire une théorie explicitant ces individuations dynamiques Pendant l'individuation d'un édifice, ce sont les variations de puissance sensibles et sémiotiques qui agencent progressivement les énoncés et les contenus sensibles. Toute individuation sollicite un autre mode de la pensée, le mode mineur des affects, qui permet grâce à son opérateur mental, l'intensité, de sentir la variation des puissances sensibles et sémiotiques, le devenir. Une théorie des affects ne peut se construire sans interroger les corps qui s'affectent mutuellement, leurs puissances, et nous obligent à redistribuer les différentes facultés de pensée et de leurs rapports aux passions et aux émotions que la rationalité n'a jamais complètement jugulées. L'affect en tant qu'idée adéquate des devenirs permet de sentir des singularités qui rythment le procès d'une œuvre sensible ou théorique.

  • Titre traduit

    Minor mode architecture


  • Résumé

    Our research is based on the discernible qualities of the constructions we perceive, but these qualities cannot be attributed to concepts or factual causes. Words, and the whole signifying process, cannot frame the sensorial tangibleness; and the concepts are way too vast to determine the unicity of a building or of its statement. Using a musical metaphor, we say that in a major mode of mental representation we perceive already-formed objects and subjects from which sensorial attributes gain meaning. But this major mode cannot seize how and why a building or its own statement are unique. This unicity of the Perceived is birthed in a genetic occurrence, as sensible and semiotical dynamics progressively determine qualities and statements. The aim of this research is to build a theory of these individuation dynamics. When a building is being “individualized”, it is through the variations of sensible and semiotical powers that progressively arrange the object and the statements. This process demands that we use another way of thinking, that we call the minor mode of affects. This mode has a mental operator - the Intensity - that allows the perception of how sensible and semiotical powers vary - which is the Destiny. We cannot theorize affects without being aware of how material objects are inter-affected, how powerful they are, and how they make us redistribute our thoughts and their relationships to those passions and emotions that rationality will never halt. Affect, as the adequate idea of what will be Destiny, allows the sense of singularities and of how they put rhythm in the process of an oeuvre, whether it is sensible or theoretical.