Interrelation between the sensorimotor and emotional components of social space : behavioral and psychophysiological evidence

par Alice Cartaud

Projet de thèse en Psychologie cognitive


Sous la direction de Yann Coello.

Thèses en préparation à Lille 3 , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 04-01-2016 .

  • Titre traduit

    Interrelation entre les composantes sensorimotrices et emotionnelles de l'espace social : contributions comportementales et psychophysiologiques


  • Résumé

    La distance que maintiennent deux individus entre eux lors d’une interaction sociale (distance interpersonnelle) est particulièrement importante car elle contribue à déterminer la qualité de cette interaction. Une distance trop grande n’est pas propice aux interactions alors qu’une distance trop courte entraîne un sentiment d’inconfort, favorisant les réactions de défense (physiologiques et comportementales). Cette distance interpersonnelle semble être construite sur les représentations spatiales relatives à nos capacités d’actions (ce qui est à portée de main, l’espace péripersonnel) mais dépendante de facteurs sociaux. Ainsi, l’ajustement des distances interpersonnelles repose sur un équilibre subtil entre le besoin d’interagir de façon efficiente avec autrui et le besoin de maintenir une certaine marge de sécurité permettant de se protéger d’un potentiel danger émanant de l’autre. De ce fait, les distances interpersonnelles augmentent en présence d’individus menaçants alors qu’elles diminuent en présence d’individus attrayants. Cet ajustement dépend donc en partie de l’état émotionnel de l’autre, qui peut être identifié via son expression faciale. Cependant, l’évaluation des expressions faciales en termes de valence, peu importe l’émotion, n’est pas absolue car elle dépend également du contexte émotionnel dans lequel les expressions faciales sont présentées. A cet égard, l’objectif de cette thèse était double : (1) qualifier la relation entre distance interpersonnelle et la réponse physiologique produite par la perception d’individus plus ou moins menaçants présents dans l’espace péripersonnel ; (2) quantifier l’effet du contexte émotionnel sur l’ajustement des distances interpersonnelles. Grâce à un système de réalité virtuelle, optimisant le sentiment d’immersion et favorisant l’observation de réponses physiologiques et comportementales « authentiques », nous avons mis en évidence une relation linéaire entre la réponse physiologique et l’ajustement des distances interpersonnelles. De plus, nos données ont pu révéler que l’effet de contraste induit par le contexte émotionnel lors de jugements de valence (décalage vers la direction opposée à celle du contexte émotionnel) altérait également, mais de façon plus subtile l’ajustement des distances interpersonnelles. Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse suggèrent que l’ajustement des distances interpersonnelles repose à la fois sur la représentation de l’espace péripersonnel et le contexte émotionnel. Nos données supportent que l’ajustement des distances interpersonnelles repose sur le besoin d’homéostasie lors d’interactions sociales, en lien avec la valeur défensive de l’espace péripersonnel. Cette distance maintenue à l’égard des autres, nécessaire pour assurer l’homéostasie, peut être quantifiée à partir de la réponse physiologique déclenchée par ces mêmes individus lorsqu’ils sont présents dans l’espace péripersonnel. Au-delà de l’apport de nouvelles connaissances sur le lien entre la représentation de l’espace péripersonnel, le traitement des émotions et les distances interpersonnelles, la présente thèse fournit un nouveau cadre théorique qui pourrait être pertinent pour des investigations cliniques, en tenant compte notamment de la sensibilité à percevoir les informations intéroceptives.


  • Résumé

    The distance individuals maintain between themselves in social context (interpersonal distance) is of paramount importance as it contributes to the quality of the social interaction. Too large interpersonal distance is not conducive to social interaction whereas too short interpersonal distance triggers discomfort and favors (physiological and behavioral) defensive reactions. Interpersonal distance seems thus built on motor/functional representation of visual space, with a prevalent role of near body action space (i.e., the peripersonal space), but seems to depend also on social factors. Therefore, interpersonal distance adjustment may rely on a subtle balance between the need to interact efficiently with others and the need to maintain a margin of safety protecting from potential hazard including others. As a result, interpersonal distance increases with threatening individuals and decreases with attractive ones, which depends on others’ emotional state that can be determined from their facial expression. However, valence evaluation of facial expression, irrespective of the emotion, is not absolute and depends also on the emotional context. In this context, the aim of the present thesis was twofold: (1) to qualify the link between interpersonal distance and the physiological response triggered by individuals within the peripersonal space with varying degrees of threat; (2) to quantify the effect of emotional context on interpersonal distance adjustment. Using a virtual reality environment, known to favor immersion and “authentic” physiological and behavioral responses, we highlighted a linear relation between physiological response and interpersonal distance adjustment. Moreover, our data revealed that contrast effect induced by emotional context on valence judgment (shift toward the opposite direction of that of the context) also subtly altered interpersonal distance adjustment. Overall, the present thesis suggests that interpersonal distance adjustment depends both on the representation of peripersonal space and the emotional context. Our data support that interpersonal distance adjustment refers to the need for homeostasis during social interaction in relation with the defensive value of the peripersonal space. This distance maintained with others, necessary to ensure homeostasis, can indeed be quantified from the physiological response triggered by others within the peripersonal space. Beyond providing new insights on the link between peripersonal space representation, emotional processing and interpersonal distances, the present thesis provides a new theoretical framework that could be relevant for clinical investigations, taking into account in particular sensitivity to interoceptive information.