LE RECYCLAGE DES IMMEUBLES DE LOGEMENTS SOCIAUX DE LA SECONDE MOITIE DU XXE SIECLE EN FRANCE (1980-2016), L'ENJEU D'UNE CONTEMPORANEITE AU SERVICE DE LA MEMOIRE HABITANTE.

par Coline Philibert (Thomas)

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Catherine Maumi.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire , en partenariat avec Métiers de l'Histoire de l'Architecture ; édifices, villes, territoires. (laboratoire) depuis le 01-01-2016 .


  • Résumé

    Dans la reconstruction de l'après Seconde Guerre mondiale, les quartiers de HLM commencent à être qualifiés de manière péjorative, dès leur édification. La politique du logement social de masse sous cette forme, n'est pas partagée par tout le monde. Au cours du temps l'image de la cité tout confort, construite pour répondre aux besoins en logements est de plus en plus stéréotypée et la précarisation qui touche les populations crée une ghettoïsation des ensembles. A partir des années 1980, la question de la réhabilitation des quartiers de logements collectifs sociaux, commence à se poser. Le travail est délicat et les nouvelles législations mises en place mènent à des programmes montés dans l'urgence et à des dispositifs concertatifs très limités. La mémoire du lieu est peu prise en compte, au détriment des populations habitantes. Cette recherche propose de s'intéresser à la mémoire habitante et à la place de la concertation dans le projet de transformation des immeubles de logements sociaux de la seconde moitié du XXème siècle. L'intérêt est porté vers le concept de « recyclage » en architecture, défini dans le sens de réhabilitation comme une adaptation du bâti aux changements sociétaux, en gardant la fonction première. Le sujet est abordé de manière transversale afin de permettre de comprendre comment mémoire habitante et « recyclage » architectural peuvent s'enrichir mutuellement. Pour ce faire il explore, dans un premier temps, des projets de recyclage, leurs processus, leurs acteurs, etc… Puis dans un second temps propose d'analyser plusieurs études de cas, comme celle de la Villeneuve, afin d'interroger la place de la parole habitante dans le processus de projet de « recyclage » en architecture. L'étude se base sur de nombreuses vidéos amateurs filmées par les habitants constituant un matériau intéressant et jusqu'alors non exploité, ainsi que sur des interviews. Notre problématique pose la question de la « qualité de l'habiter », dans le projet de « recyclage », telle que définie par les habitants, leurs besoins, leurs désirs, tout en offrant une contemporanéité avec les normes et règlementations en vigueur. Dans cette optique, nous avançons une première hypothèse selon laquelle la mémoire habitante et la poétique de l'histoire du lieu sont des facettes à ne pas négliger dans le travail de « recyclage » des cités HLM. La seconde, quant à elle, suppose que dans un contexte de crise de logement, il est nécessaire de se tourner vers un processus de « recyclage » avec des approches permettant à la fois une modularité et une modernité pour les années à venir mais également une mémoire de l'histoire du quartier et de ses habitants.

  • Titre traduit

    Recycling of social housing buildings in France during the second half of the XXst century (1980-2016).How to rehabilitate without erasing 'resident memory'.


  • Résumé

    As soon as they were built, right after World War II, subsidised housing areas were frowned upon. Everyone did not agree with this mass housing policy. As time went by, the concept of an ideal project built to address the needs in new housing became more and more stereotyped, while the impoverishment of the inhabitants led to the creation of ghettos. During the 80's, the issue of the rehabilitation of these collective social housing projects was raised. The delicate task and the new regulations led to quickly and poorly conceived programs and to limited coordination measures. The historic backgrounds of the places were hardly ever considered, much to the detriment of the inhabitants. The goal of this thesis is to study the roles of historic backgrounds and the consultation process in the subsidised housing transformation project of the second half of the twentieth century. The emphasis is put on the concept of “recycling” in architecture, in a way of a rehabilitation, an adaptation of buildings to the social changes while keeping their primary purposes. The cross-cutting approach shows how the historic background and the architectural “recycling” can benefit from each other. To do so, the first part of the thesis focuses on the recycling projects, process and actors. Then several real-life situations are analysed (for example Villeneuve), to define the place of the inhabitants' voices in an architectural “recycling” project. The study uses many homemade videos, shot by the inhabitants themselves, providing and interesting and never-used-before material, as well as interviews. Our problematic questions the matter of “quality living” in the “recycling” process, based on the inhabitants' needs and desires, while remaining in accordance with the current rules and regulations. Thus, our first hypothesis is that the historic background, as well as the poetry of the places, are important issues that need to be considered in the “recycling” process of subsidised housing areas. The second hypothesis is that, in a context of housing crisis, it is necessary to choose a “recycling” process allowing modularity and a modernity for the years to come as well as a memory of the historic background of the area and its inhabitants.