Une approche spatio-temporelle de la dépendance à la mobilité dans la Région Métropolitaine de Barcelone et la Métropole Aix-Marseille-Provence.

par Paolo Chevalier

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Caroline Gallez, Juan Antonio Módenes et de Sandrine Wenglenski.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'Université Autonome de Barcelone , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires , en partenariat avec LVMT - Laboratoire Ville Mobilité Transport (laboratoire) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Notre travail de recherche tente d'éclairer un paradoxe entre, d'un côté, le fait que la mobilité spatiale constitue une ressource qui permet à chaque individu de s'intégrer socialement et, de l'autre, que les pratiques de mobilité au quotidien peuvent, pour certaines personnes, être très contraignantes, en particulier pour celles qui ont de longs budgets-temps quotidiens pour se rendre sur leur(s) lieu(x) de travail. Pour cette thèse, nous nous intéressons aux personnes qui appartiennent aux catégories sociales les plus modestes, car nous faisons l'hypothèse qu'elles ont moins de marges de manœuvre pour s'adapter à ces situations de mobilité fortement contraintes et que cela les place en situation de vulnérabilité potentielle, en particulier, en cas d'augmentation forte du coût des déplacements. Pour mieux comprendre le paradoxe du rôle de la mobilité dans la vie sociale, qui est à la fois indispensable à la réalisation des activités quotidiennes, et notamment à l'accès à l'emploi, mais dont les pratiques effectives génèrent parfois des coûts ou des difficultés importantes (en termes financiers, d'efforts au quotidien, de conséquences sur la vie personnelle ou familiale), nous proposons de réaliser deux analyses, selon deux perspectives temporelles différentes dans la Région Métropolitaine de Barcelone et dans la Métropole Aix-Marseille-Provence. Après avoir quantifié et décrit les principales caractéristiques sociodémographiques et les pratiques de mobilité des actifs modestes avec de longs budgets-temps de transport pour se rendre sur leur(s) lieu(x) de travail de ces deux terrains, nous mènerons une enquête qualitative auprès de quarante d'entre eux. Tout d'abord, l'observation à l'aide de données GPS et d'entretiens semi-directifs pendant une semaine des pratiques de mobilité quotidienne des personnes enquêtées ainsi que leur situation résidentielle, professionnelle et familiale actuelle va permettre de reconstituer leur espace-temps résidentiel afin de comparer les situations de dépendance à la mobilité dans ces deux métropoles européennes. Il sera donc possible de rendre compte des conséquences des longs budgets-temps quotidiens sur les conditions de vie au quotidien pour ces travailleurs. Par ailleurs, des données biographiques nous donnerons la possibilité de reconstruire leur parcours de vie dans le temps et dans l'espace pour analyser comment cette situation de mobilité quotidienne fortement contrainte est liée aux ajustements entre leurs aspirations et les conditions d'accès au logement, aux ajustements de la vie professionnelle et de la situation familiale, et aussi, aux évolutions de leurs aptitudes et de leurs potentiels de mobilité au cours de la vie.

  • Titre traduit

    A spatial-temporal approach to the dependence on mobility in the Metropolitan Region of Barcelona and the Metropolis Aix-Marseille-Provence.


  • Résumé

    To reduce the daily commuting distance to go to work or school, one may need to go through residential migration. However, a trend is emerging in urban areas: As population grows and daily travel conditions improve, cities spread and the commuting distance within this space increases. Urban change dynamics and habitat cycles favour the most well-off socio-economic groups that benefit from a location in central neighbourhoods or in the well connected peripheries of these metropolises. Can the lengthening of this commuting reveal the poorest socio-economic groups' residential and occupational vulnerability? To address this issue, we will rely on a comparative study of the inhabitants of the metropolitan regions of Marseille and Barcelona. The analysis of some residents' spatial relegation will be assessed from a quantitative analysis of demographic conventional data, GPS data and semi-structured interviews.