Ethnocritique de La Peau de Chagrin de Balzac.

par Mathias Arbeval

Projet de thèse en Lettres, langues et civilisations

Sous la direction de Marie-Rose Scarpa.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de École doctorale Humanités Nouvelles - Fernand Braudel (Lorraine) depuis le 10-10-2014 .


  • Résumé

    Ce projet est issu d'un double constat : premièrement, l’appel de Jean Marie Privat et Marie Scarpa pour une ethnologie de la littérature promet un champ d’investigations qui ne s’est jamais étendu à l’adaptation filmique d’œuvres littéraires. Aussi, il reste à étudier la polyphonie et l’hybridité des adaptations filmiques des romans modernes et contemporains dans l’examen des interactions mutuelles des théories de l’image et des concepts littéraires. L’avènement de cette torsion du texte sur lui-même par l’image, cette anthropologie de la création, véritable “archéologie des sciences humaines” et porteuse de tant de promesses annoncée par Michel Foucault est encore en devenir. Elle remet l’ethnologie au centre de la réflexion littéraire et assure la nouvelle prédominance des sciences humaines et de l’image dans la poétique des textes. Deuxièmement, les trente dernières années qui viennent de s’achever ont vu la critique littéraire s’emparer du cinéma et l’ekphrasis s’étendre à l’image mouvement et même à la photographie. L’image est devenue le nouveau paradigme de lecture et d’interprétation. Le champ critique cinématographique son logos et ses topos de figuration, défiguration, visibilité se sont ajoutés dans la démarche heuristique aux théories littéraires car la lecture du réel ne saurait aujourd’hui se dispenser d’une appréhension de la diégèse hypermédiatique. Le texte et l’image sont devenus une seule entité hybride et polyphonique. La poétique du texte se pratique désormais par l’image qu’il offre et l’esthétique de ce reflet s’opère à travers lui. Et pour poursuivre le mouvement entrepris depuis le début des années 90, la place de l’image dans la réflexion en littérature a pris un nouvel essor. Elle se préoccupe moins de la textualisation de l’image qui considère que le cinéma ou la photographie se lisent comme un texte, que de la possibilité de l’image à conditionner dorénavant la lisibilité de l’écrit. Ainsi la recherche littéraire regarde désormais si l’image que le texte offre de lui-même, n’est pas aussi importante que le texte lui-même, et si les romans « ne réserveraient pas leurs meilleurs secrets à qui sait lire une image cinématographique ». Le corpus est vaste et de nombreux textes fondamentaux de la langue française restent à être conceptualisés par l’ethnocritique à travers leurs adaptations filmiques. Mon choix s’est porté sur une œuvre étudiée en master : Honoré de Balzac, La Peau de Chagrin (1831). Tout d’abord, le roman dresse un tableau polyphonique particulièrement dense évoqué par Pierre Barbéris : « C’est ainsi que « le monde » digère et anesthésie les grandes images culturelles, sans doute pour les exorciser, pour se défendre de ce qu’elles contiennent encore de périlleux pour la bonne conscience et sa volonté d’oubli. » Ensuite, c’est également une création qui représente dans ses transpositions à l’écran des outils dont l’approche permettra de dresser un arrière-plan interprétatif de l’ensemble du champ littéraire-cinématographique. Enfin, on verra dans un premier temps ce que l’ethnocritique de l’adaptation apporte à un champs d’investigation déjà particulièrement cultivé (Anne Marie Baron ).


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