Le collaborationnisme des femmes au miroir del'épuration judiciaire en France à la Libération

par Fabien Lostec

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Marc Bergère.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Indiscutablement il existe un moment « 1945 » dans le rapport des femmes à la justice. En effet, alors qu’elles représentent traditionnellement 10 % de la population jugée au pénal, elles comptent pour au moins 25 % de la population jugée pour faits de collaboration en France à la Libération. Pour autant, et malgré quelques travaux pionniers (Leclerc, Weindling, Capdevila, Bergère, Simonin), ce « moment » reste largement un angle mort de l’historiographie. Une première étape de la thèse consistera à affiner cette réalité. En creux, c’est aussi le type de collaboration(s) des femmes qui sera interrogé. Les travaux de Fabrice Virgili ont déjà démontré que moins de la moitié des femmes tondues l’ont été pour une collaboration sexuelle réelle ou supposée avec l’occupant. Anne Simonin a bien souligné le caractère « invisible » de la « collaboratrice politique ». Une seconde étape de la thèse visera donc à mieux cerner le collaborationnisme (politique et policier) des femmes. Une forme de collaboration qui, parce qu’elle suppose adhésion, engagement, militantisme, activisme et parfois enrôlement, fut longtemps considérée comme l’apanage des hommes. A l’inverse, la figure de la délatrice comme stéréotype de la collaboration au féminin sera aussi revisitée. Dans cet ensemble, une attention particulière sera accordée aux femmes condamnées à mort pour collaboration en France. Alors qu’en l’état, on ignore encore le ratio par sexe dans le domaine, nous constituerons et analyserons ce corpus. Cette troisième étape constituera le cœur de la thèse. Pour ce faire, à l’interface de plusieurs champs historiographiques (justice, femmes, collaboration, épuration), nous mobiliserons prioritairement les sources judiciaires des tribunaux civils d’épuration (cours de justice, chambres civiques aux archives départementales), sans négliger les apports des fonds de la justice militaire (dépôt central des archives de la justice militaire situé au Blanc). On s’attachera également au suivi des peines prononcées pour mesurer le décalage avec les peines réellement subies (dossiers de recours en grâce au CAC-Fontainebleau).


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