Le proto-balkanique : mise en évidence d’un groupe de dialectes intercompréhensibles comprenant le grec, le latin et l’arménien

par Jean-christophe Reinmuth

Projet de thèse en Etudes grecques

Sous la direction de Markus Egetmeyer.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) depuis le 20-11-2014 .


  • Résumé

    Le lexique dit méditerranéen du grec et du latin peut être réévalué en posant des lois d’évolution phonétique alternatives à celles du PIE. Cela permet de postuler une étymologie indo-européenne pour ces lexèmes et de décrire ainsi un processus de néologisation particulier constitué de nomination métonymique basée sur des caractéristiques clés de l’entité, de composition tautologique et de variantes compositionnelles à racines synonymiques. Le vocabulaire étudié et les langues qui y participent permettent de situer ces néologisations dans les Balkans au cours du 3ème millénaire avant notre ère. Les deux langues les plus proches entre elles sont le grec et le latin qui partagent près de 400 lexèmes, suivies du grec et de l’arménien avec plus de 150 lexèmes communs. L’albanais, le phrygien et le sanskrit paraissent y participer à un moindre niveau. Le modèle qui semble applicable à ces données pourrait être celui de dialectes intercompréhensibles qui partagent du vocabulaire sur leurs frontières. Cela pourrait expliquer les liens forts du latin et du grec ainsi que ceux du grec et de l’arménien alors que le latin et l’arménien partagent moins de dix lexèmes. L’analyse comparative de ces langues, à une époque moins reculée que pour le proto-indo-européen, permet une reconstitution plus précise et mieux maîtrisée des formes linguistiques ancestrales. Elle permet alors de proposer de nouvelles voies pour le proto-indo-européen lui-même, à la fois pour la morphologie avec une nouvelle hypothèse liée aux « laryngales » et pour l’étymologie interne et la sémiogenèse du proto-indo-européen.