Repression, Protection, Pacification : the Ordinary Life of the Police in a Brazilian Favela

par Sara Leon Spesny

Projet de thèse en Santé, populations et politiques sociales

Sous la direction de Didier Fassin.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 14-10-2013 .

  • Titre traduit

    Répression, protection, pacification : la vie ordinaire de la police dans une favela brésilienne


  • Résumé

    Cette thèse cherche à étudier le quotidien d’une station de la police militaire qui opère dans une communauté à Rio de Janeiro, Brésil. Cette station de police est rattachée à l’Unité de Police Pacificatrice (Unidade de Polícia Pacificadora) une section de la Police Militaire qui vise à « récupérer les territoires perdus au narcotrafic » qui domine de centaines de favelas dans la ville. Guidé par les principes de proximité, ce modèle de « pacification » vise à maintenir l’ordre social établi par la police. Ainsi, l’intérêt traditionnel de la police militaire de mener des incursions violentes a été remplacé par des principes de proximité, liés à des dispositifs de sécurité et des initiatives sociales. Contrairement à la répression de stupéfiants, l’UPP souligne son but de « préserver la vie des résidents » notamment par le biais de la restauration de l’ordre démocratique et des relations entre la police et son public, qui sont historiquement marquées par la méfiance et la peur. Au longue de plus d’une année (2014-2015) j’ai mené des observations des patrouilles à pied et en voiture, des nombreuses activités organisées par la police, des observations ponctuelles dans un station de la police civil et des discussion parlementaires, et a été complémenté par une recherche historique des archives des journaux. Au travers cette approche ethnographique c’est possible de comprendre comment les policiers agissent en face de transformations à la fois opérationnels, politiques, historiques et institutionnels. Désormais, la relation entre la police militaire et les habitants est composée parallèlement par des actions répressives (la lutte contre les stupéfiants, le trafic lourdement armé et la réoccupation territoriale) et des actions humanitaires (des cours, fêtes, mariages, et d’autres formes d’aide sociale). Ainsi, les circonstances locales dévoilent des tensions, des contradictions et des démarches ambivalentes entre les discours universalistes (des droits humains, par exemple) et leur insertion dans les logiques locales. Ce contrôle est exercé à travers des pratiques discriminatoires qui répriment les uns et protègent les autres. Ici l’effet paradoxal de la police pacificatrice : si elle cherche une légitimité issue de la familiarité des patrouilles ainsi que des initiatives sociales, elle la perd lorsque les policiers reproduisent des classifications stéréotypées et des actions violentes. En effet, les policiers s’engagent dans des diverses formes de violence, et génèrent des constantes (dés)ordres. La police pacificatrice finit par renforcer les espaces sociogéographiques qu’elle a essayé d’effacer. Les circonstances locales à Rio de Janeiro situent la police comme une institution privilégiée pour étudier les formes de domination raciale et de classe au Brésil toujours encadrés dans des logiques à la fois postcoloniales et post dictatoriales. Une recherche au sein de la police dévoile plus largement les formes de gouvernement des populations plus précaires dans les pays Latino-Américaines.


  • Résumé

    This thesis aims to study the daily life of a military police station in a favela in Rio de Janeiro, Brazil. This station is part of the Pacifying Police Unit that was created to change the war dynamic held in the favelas in Rio de Janeiro. The traditional violent police invasions were replaced by a proximity-based policing that combined surveillance and social initiatives. The main goal of the Pacifying Police was to “preserve lives” through the restoration of democratic rule and relations between favela residents and the police, a relationship historically based on fear and distrust. Observations of foot and vehicle patrols were made for more than a year (2014-2015), as well as observations of initiatives organized by the station and puntual observations of a civil police station and parlamentary discussion. A historical search of newspapers also complemented the analysis. Through this ethnographic approach it becomes possible to understand how soldiers act in the face of operational, political, historic and institutional transformations. The relationship between the police and the community is based on a double enterprise of repression (through the continuity of the war on drugs, territorial management, and fight against armed trafficking) and social, humanitarian actions (parties, seminars, marriages, donations, and other services). Local circumstances reveal tensions, contradictions and ambivalences, namely between universalistic notions such as human rights and local logics (naturalizations and culturalist explanations of favela residents and crime). The pacification police struggle to fight the armed drug trafficking that still prevails, establish territorial control over pacified territories and maintain social legitimacy. Indeed, police control is based on discrimination practices that serve to protect some and repress others. Thus, the paradoxical effect of the pacification police: while it seeks legitimization through the familiarity of patrols and social initiatives, it is delegitimized when soldiers reproduce discriminatory, stereotyping and violent interactions with residents of favelas. Ultimately, the pacification police reinforced the sociogeographic borders it aimed to erase. The context of pacification in Rio de Janeiro places the police as a privilege institution to study the dominations of race and class that prevail in Brazil, through discourses and logics that carry postcolonial and postdictarorial heritages. In a broader sense, an ethnography of the military police in Brazil reveals the ways of governing the urban poor populations in Latin America.