Manger (avec) l'ennemi. Mythe, subsistance et alimentation chez les Baniwa et les Koripako (Amazonie, Brésil)

par Milena Estorniolo

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Philippe Descola.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 13-11-2013 .


  • Résumé

    Ce travail porte sur les relations entre les Baniwa et les Koripako du Nord-Ouest amazonien (Brésil) et les êtres non-humains, et plus spécifiquement les animaux et les plantes qu’ils transforment en aliments. Pour comprendre ces relations notre approche prend en compte des explications mythiques sur les origines de ces êtres, des descriptions de techniques de subsistance (pêche, chasse, horticulture et cueillette) et des pratiques culinaires et alimentaires dans différents contextes (domestique, communautaire et intercommunautaire). On observe, d’une part, la prédation entre les hommes et les animaux, et, d’autre part, le soin et la protection entre les femmes et les plantes cultivées – les animaux apprivoisés et les plantes sylvestres occupant une position intermédiaire. Ce contraste, qui se manifeste par de nombreuses précautions et restrictions alimentaires ou comportementales, s’explique par les types de relations établies entre humains et maîtres des animaux et des plantes qui contrôlent l’alimentation et la reproduction de leurs subordonnés. L’opposition entre prédation et soin – ce dernier consistant notamment en dons et en partage d’aliments – se retrouve également dans le domaine des relations humaines, la prédation étant caractéristique des relations avec les groupes étrangers et le don avec les consanguins et les membres du groupe local.

  • Titre traduit

    Eating (with) the ennemy. Mythe, subsistence and food among the Baniwa and the Koripako (Amazonia, Brazil)


  • Résumé

    This work focuses on the relationship between the Baniwa and Koripako people of the NorthWestern Amazon (Brazil) and non-human beings, more specifically the animals and plants they convert into food. To understand these relationships, our approach takes into account mythical explanations of the origins of these beings, descriptions of subsistence techniques (fishing, hunting, horticulture and gathering) and culinary and food practices in different contexts (domestic, community and inter-community). We observe, on one hand, predation between men and animals and, on the other hand, care and protection between women and cultivated plants – with tame animals and wild plants occupying an intermediate position. This contrast, manifested in many dietary or behavioural precautions and restrictions, is explained by the types of relationships established between humans and the owners of animals and plants who control the feeding and reproduction of their subordinates. The opposition between predation and care – the latter expressed in particular through gifts and sharing of food – is also reproduced in the field of human relations: predation being characteristic of relations with foreign groups and gift with the consanguineous and members of the local group.