Radicalité, radicalisme et radicalisation liés à des revendications islamiques en France.

par Redwane El Bahar

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Martine Xiberras.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Territoires, Temps, Sociétés et Développement , en partenariat avec LERSEM - Laboratoire d'études et de recherches en sociologie et en ethnologie de Montpellier (laboratoire) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    L'objectif de cette thèse est de pouvoir mettre en évidence l'ensemble des dynamiques en jeu à propos de la thématique du radicalisme et de la radicalisation en lien avec des revendications islamiques en France. Le but: mieux appréhender le phénomène de l'activisme violent à travers une optimisation de la perspective descriptive prenant en compte une contextualisation plurielle générale (historique, politique, géopolitique, théologique, sociale...), et compréhensive à travers une meilleure prise en compte de la subjectivité des individus en cause. Il s'agit dans un premier temps de mettre en lumière la notion sous-exploitée de radicalité. À travers elle nous démonterons l'aspect non essentiel du radicalisme. Ce dernier est le fuit d'une perception et d'une construction mobilisant des levers émotionnels, symboliques et affectifs que nous tacherons de décrire et comprendre. L'objet auquel se rattache le radicalisme, à savoir ici l'islam, est un élément important. Il doit nécessairement passer également à travers la grille d'analyse évoquée. L'étude de la radicalité doit en définitive permettre de repérer une charpente à travers laquelle, celui qui nomme et identifie l'élément radical s'appuie et cela, afin de pouvoir identifier certains biais pouvant entraver une prise en compte objectif de la problématique radicale. Dans un second temps, il s'agira, non plus de prendre en compte la subjectivité du « nommant » ou du « désignant », mais de s'attacher à une étude plus objective de la notion de « radicalisme » afin d'en définir des structures valides et exploitables via la mise en évidence de bornes normatives et référentielles claires et neutres. Enfin dans un troisième et dernier temps, nous procéderons à une analyse du processus de radicalisation en France. Il s'agira cette fois de concentrer notre étude sur la subjectivité des acteurs qualifiés de « radicaux » pour élaborer une perspective compréhensive du phénomène et en saisir les mécaniques à travers l'évocation de « constantes imaginaires ». Dans le même temps, il s'agira de mettre en évidence des « constantes sociales » pour pouvoir adopter une perspective descriptive et observer certaines redondances au sein des profils. Il s'agira moins de prétendre créer un modèle d'anticipation fiable et précis que de comprendre, y compris à travers la posture descriptive, les chemins habituellement ou très probablement empruntés par les acteurs « radicaux » au cours des parcours (sociaux, éducatifs, professionnels…) qui sont les leurs. Les investigations à propos des deux premières parties, à savoir RADICALITÉ et RADICALISME, sont principalement théoriques et conceptuelles. La recherche est avant tout documentaire. Un profond travail de dépouillement sera réalisé concernant le pôle médiatique à propos, d'une part, de la représentation de l'islam au sein des représentations journalistiques, et d'autre part, à propos du traitement, au sein des médias, de la notion de radicalisme. Un travail similaire sera effectué pour rendre compte de l'imaginaire politique quant au thème évoqué, avant d'entreprendre des investigations quant au traitement juridique de la notion de radicalisme. Quant aux discours radicaux, nous les appréhenderons, d'une part à travers les écrits des acteurs historiques concernés (ouvrages écrits publiés par les « figures » clés de l'activisme violent contemporain: Sayed Quotb, Sayyed Abul Ala Maududi, Ali Shariati…), et d'autre part, nous appréhenderons les discours des organisations violentes plus actuelles à travers l'étude des sources écrites publiées, principalement sur le net, telles que les revues « Dabiq », « Dar al islam » et, la plus récente, « Rumiyah ».

  • Titre traduit

    Radicality, radicalism and radicalization linked to Islamic claims in France.


  • Résumé

    The objective of this thesis is to be able to highlight all the dynamics involved in the theme of radicalism and radicalization linked to contemporary Islamic claims in France. The aim is to better understand the phenomenon of violent activism through an optimization of the descriptive perspective including a general plural contextualization (historical, political, geopolitical, theological, social ...), and understanding through better the subjectivity of the individuals concerned. In the first place, it is a question of highlighting the under-exploited notion of radicality. Through it, we will disconstruct the non-essential aspect of radicalism. Radicalism is the leak of a perception and a construction mobilizing emotional, symbolic and affective levers that we will try to describe and understand. The object to which radicalism is attached, namely Islam, is an important element. It must necessarily also pass through the grid of analysis evoked. The study of radicality must ultimately identify a framework through which the person who names and identifies the radical element relies, in order to be able to identify certain biases that may hamper an objective consideration of the radical problem . Secondly, it will be a question, not of taking into account the subjectivity of the 'naming' or the 'designating', but to conduct a study an objective study on the notion of 'radicalism' in order to define it valid and exploitable structures through the demonstration of clear and neutral normative and referential bounds. Finally, in a third and final time, we will analyze the radicalization process in France. This time, we will concentrate our study on the subjectivity of the actors called 'radicals' in order to develop a comprehensive understanding of the phenomenon and to grasp its mechanics through the evocation of 'imaginary constants'. At the same time, it will be necessary to highlight 'social constants' in order to adopt a descriptive perspective and to observe certain redundancies within the profiles. It will be less a matter of pretending to create a reliable and precise model of anticipation than to understand, even through the descriptive posture, the paths usually or most probably taken by 'radical' actors during their background (social, educational , professionals ...)