Le travail des sources dans l'oeuvre de Gérard de Nerval

par Rémy Arcemisbéhère

Projet de thèse en Langues et litteratures francaises

Sous la direction de Sophie Basch.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec Littérature Française, XIXe-XXe (equipe de recherche) depuis le 09-07-2015 .


  • Résumé

    Si une étude des sources chez Gérard de Nerval est encore possible, c’est en tant qu’elle s’attache à étudier outre l'interaction entre le texte étudié et sa source, le regard rétrospectif que porte l’auteur,sur sa propre pratique de retour aux sources. L’intitulé de notre thèse « Le travail des sources dans l’œuvre de Gérard de Nerval » est préféré à d’autres du type « Gérard de Nerval et les sources » ou « Les sources de Gérard de Nerval » parce qu’il évoque, outre la poétique des sources chez Gérard de Nerval, la façon dont les sources elles-mêmes font naître quelque chose : mettant l’accent, entre l’hypertexte et l’hypotexte, sur ce regard réflexif porté par l’auteur, source de signification. Ce titre met également en valeur la pluralité des interprétations de la notion de « source » proposées par Gérard de Nerval (littéraire, géographique, temporelle, identitaire) et la diversité de ses champs d’application. L’autre enjeu de cette thèse consiste à établir des liens entre ces dimensions très hétéroclites: par exemple, existe-t-il un lien entre le mythe de l’Orient-origine dans le Voyage en Orient et les « influences allemandes » décrites, mises en abyme et plusieurs fois désavouées dans Lorely ? Nous faisons l’hypothèse que ce lien existe, qu’une même caractérisation de ces sources de nature hétéroclite et différemment présentées, inscrites dans la lettre du texte, sous-tend ces multiples avatars et que celle-ci n’est pas sans lien avec le regard rétrospectif porté par Nerval sur sa propre relation aux sources. La démarche proposée consiste à organiser et à distinguer trois niveaux d’étude. En premier lieu, il s’agit d'abord de caractériser la façon dont le XIXème siècle et Nerval ont considéré la notion de source, dans la diversité de ses acceptions et surtout de ses champs d’application (esthétique, politique, culturel) au moyen de toutes les ressources de l’histoire littéraire et de la critique nervalienne des sources, en comparant par exemple la démarche de Nerval à celle d’un de ses contemporains, Charles Nodier . Cela nous permet de définir le cadre dans lequel le rapport nervalien aux sources doit être placé. Dans un second temps, l’étude des relations entre source et texte, entre hypotexte et hypertexte, au sein de niveaux de textes très clairement définis (l’ensemble de l’œuvre, le texte, le syntagme) constitue une base de recherche sur le travail des sources si elle est croisée à une forme de typologie des modes de relation entre source et texte. Enfin, dans un dernier temps l’écriture des sources est envisagée dans sa dimension poétique, c'est-à-dire productrice de sens.


  • Résumé

    This study demonstrates that Nerval’s work on references is always highlighted by a judgement from the author on his own’s practice. By examining the social, historical and cultural context of the Late Romantic period (1830-1850), it is proven that Nerval’s attention to the sources is the result of various factors : the transformation of authorship, the awareness of geographical and historical relativity and the emergence of new ways to represent the world. By analyzing this massive use of quotations and intertextual figures, this inquiry leads to the following interpretation : for Nerval, echoes of previous texts restore a continuity in time after it has been broken because of the consciousness of the loss and the author’s identity crisis. Similarities between Nerval and other writers are also examined. Such results could serve a better understanding of the Romantic melancholy. They explain how in literary works written during time of crisis, returning back to the origin could be a way to find originality.