Entre le livre et la lampe : représentations et usages de l'érudition chez Pierre Michon, W.G. Sebald et Antonio Tabucchi

par Victor Toubert

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Tiphaine Samoyault.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) (laboratoire) et de Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 20-10-2014 .


  • Résumé

    Prenant notre point de départ dans l’étude du rapport fantastique avec le savoir mis en évidence par Michel Foucault à propos du travail littéraire de Flaubert, nous voudrions nous interroger sur les modalités proprement contemporaines des rapports entre les écrivains et les savoirs, et tenter de caractériser précisément ces rapports dans la littérature européenne contemporaine, en nous appuyant sur les œuvres de Pierre Michon, W.G. Sebald et Antonio Tabucchi. À l’aide d’une définition pragmatique des savoirs, nous commençons par une étude des représentations de l’érudition dans la fiction, en nous concentrant sur divers personnages, secondaires ou plus importants, qui jouent tous des rôles d’intercesseurs dans la production, la transmission et la diffusion des savoirs. S’ils fonctionnent bien d’un certain côté comme des figures de l’érudition, images idéales de savoirs efficaces, ces personnages portent aussi des critiques des savoirs établis et des hiérarchies qui lui sont associées. Les lieux associés aux savoirs, bibliothèques et musées en particulier, sont également abordés selon cet angle polémique. La seconde partie de notre travail s’attache à l’étude des usages des savoirs par les écrivains que nous avons choisis, en fournissant des éléments pour une poétique des textes littéraires contemporains construits sur un rapport à l’érudition. Leur écriture seconde, s’appuyant sur une grande variété de textes, s’approprie de nombreux savoirs. Nous étudions successivement les diverses modalités des usages des paroles rapportées, que cela soit à travers l’oralité, par des citations, ou la présence des langues étrangères, pour montrer les usages particuliers des savoirs que font nos écrivains. En opposition à un usage postmoderne de l’érudition, une érudition inquiète, mettant au centre de sa dynamique une mise en commun du sens, se fait jour.

  • Titre traduit

    Representations and uses of erudition in Pierre Michon's, W.G. Sebald's and Antonio Tabucchi's work


  • Résumé

    Beginning with the fantastic relation with knowledge highlighted by Michel Foucault regarding Gustave Flaubert’s literary work, we would like to bend over the contemporary modalities of the relations between knowledge and literary writers, and try to precisely characterize theses relations in contemporary European literature, basing our work on the examples of Pierre Michon, W.G. Sebald and Antonio Tabucchi. A pragmatic definition of knowledge helps us to begin with a study of the representations of erudition in the fiction, focusing upon various characters, who play an intermediary role in the production, transmission or diffusion of knowledge. If on one hand they operate as figures of erudition, ideals representations of effective knowledge, these characters on the other hand carry with them some critics of the established knowledges and the hierarchy that are associated with them. The places associated with knowledge, libraries or museums, are also studied in this polemic approach. The second part of our work studies the uses of knowledge done by the writers chosen, giving some elements for a poetic study of the contemporary literary texts that are written in a relation with knowledge. Their secondary writing, built on a wide variety of texts, assimilates various knowledges. We study successively the diverse modalities of the uses of the words reported, by the relation between the literary text and the orality, the quotations, or the presences of foreign languages, to highlight the original uses of knowledge done by our writers. Opposing a postmodern use of erudition, emerges an anxious and restless erudition, concerned by the sharing of meaning and the community it constitutes.