Les copies et l'imitation en architecture et en urbanisme

par Sid Ali Mahroug

Projet de thèse en Architecture et Ville

Sous la direction de Jean-Pierre Frey.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 15-11-2013 .


  • Résumé

    Le présent travail de recherche traite de la copie dans le domaine du bâtiment avec toutes ses dimensions en balayant un large spectre allant de l’échelle de l’édifice singulier à celle de la ville. La question principale que nous voulons poser touche deux principaux volets. Dans un premier temps, il nous paraît important de questionner l’acte de copie lui-même sous plusieurs aspects et le passage de copier le dispositif architectural d’un bâtiment à celui d’un ensemble urbain. D’un autre côté, il serait intéressant de savoir où réside la différence entre un édifice « original » et sa copie « conforme ». Cette question va naturellement s’étendre au-delà de l’échelle du bâtiment pour interroger les disparités entre un ensemble urbain « original » et un autre réputé comme une réplique de celui-ci. C’est la mesure de ce qui est identique par rapport à ce qui diffère qui nous intéresse comme réflexion. Notre thèse consiste principalement à étudier ce phénomène sous plusieurs aspects, dans le but de répondre à notre questionnement de départ. Il s’agit d’une investigation des deux sites (l’original et la copie), dans une démarche comparative qui opposera deux objets supposés identiques appartenant à des contextes entièrement différents. Plusieurs questions s’imposent à ce stade. Peut-on réellement copier une ville ? Dans une copie « conforme » d’un site urbain, que copie-t-on exactement ? La totalité du cadre physique ? Le style architectural ? Nous supposons, et ceci reste à vérifier, que copier un site urbain en entier avec tous ses bâtiments et espaces publics n’est pas loin de l’utopie. La copie, à notre sens, se limite à certains édifices emblématiques, et pour le reste, ce n’est qu’une imitation du style architectural. Dans ce travail de recherche, nous partons aussi de l’idée que deux édifices ne peuvent jamais être identiques pour la simple raison que cela est lié au contexte, car la définition même de l’architecture est sensée tenir compte du rapport au contexte et que même si le cadre physique est parfaitement identique entre l’original et la copie, ce qui paraît relativement rare, la définition de ce terme polysémique qu’est l’architecture ne se limite pas à l’édifice, encore moins à l’édifice comme contenant physique uniquement. L’objectif de cette recherche, qui va s’alimenter principalement du travail de terrain, mais aussi d’un carnet d’adresses que nous avons commencé à constituer, mais aussi de la littérature disponible, est double. Il cherche à éclairer davantage un phénomène ancien, dans le domaine du bâtiment et de l’art, et très récent, dans sa dimension urbaine, qui apparaît et qui prend de l’ampleur en Chine, une des puissances mondiales naissantes, pour combler les lacunes dans les connaissances concernant la copie en architecture. D’un autre côté, en s’intéressant à l’enseignement et à la pratique de la copie, il permettra d’affirmer ou d’infirmer, à travers les résultats de la recherche, la connotation négative qui règne autour de cette notion. Il faut dire aussi que la pratique de la copie, à l’échelle urbanistique, reste très mouvante. La réflexion sur le devenir de ces villes est primordiale, mais ne peut pas entièrement échapper à des suppositions dont seul le temps révèlera les secrets, du fait que plusieurs facteurs nouveaux entreront incessamment en jeu. Ceux-ci ne seront pas sans impact sur la réalisation, la vie et le devenir de ces villes, et il faudrait rester attentif à l’ensemble de ces changements, au moment où ils apparaissent à chaque étape du déroulement de cette recherche.

  • Titre traduit

    Copy and imitation in architecture and urban design


  • Résumé

    This research investigates copies in architectural and urban design creation. It studies replicas on a singular building level, but focusing on the urban aspects of it. This inquiry is composed of two main dimensions. On the one hand it questions the act of copying and its connotation in several cultures. On the other hand, it identifies what the differences between the original building and its replica(s) are. The questioning goes beyond the building level and aims at understanding the ensemble of the urban area and its alleged replica, thus shedding new light on similarities and dissimilarities between two distinct architectural and urban projects deemed identical. We presuppose that two buildings can never be identical given their embeddedness and relations to different contexts. Even if we can identify a number of urban scale copies around the world (e.g. Dubai, Putrajaya etc.), it is mainly in China that this phenomenon is most evident as a new way of constructing urban spaces referring to models of historic European cities. Nonetheless, other examples are not excluded from this research and may require proper analyses (e.g. Lyon Dubai City, Putrajaya etc.). The main method is the comparative investigation of two sites, both the original and its copy, contrasting and comparing two supposedly identical objects which however belong to entirely different contexts.