Légèreté pensive et énergie romanesque. Raymond Queneau, Italo Calvino et Iris Murdoch

par Barbara Servant

Projet de thèse en Littératures comparées

Sous la direction de Emmanuel Bouju.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) depuis le 01-09-2013 .


  • Résumé

    La légèreté pensive est un concept théorisé par Calvino dans l’une de ses conférences des Leçons américaines qui fait de la légèreté l’un des principes fondamentaux de l’écriture. Elle est à distinguer des notions de divertissement et de frivolité. Selon Calvino, elle n’est en aucun cas passive, mais active, dense, concise, et surtout, elle apparaît comme indissociable d’une capacité à mettre en mouvement. Elle permet ainsi aux auteurs de traduire le réel dans sa complexité et son énergie, et, puisque le mouvement est également une remise en question, de ne pas l’enfermer dans une grille de lecture univoque du monde. Le sujet propose d’étudier la façon dont cette légèreté contribue, chez trois écrivains majeurs de la littérature européenne du siècle dernier – I. Calvino, R. Queneau et I. Murdoch – au projet commun de faire de leurs romans des encyclopédies « ouvertes », qui se caractérisent par un engagement éthique, celui de dire le monde sans l’enfermer dans une vision unique ou un égo narcissique. À la fois essayistes et romanciers, ils n’ont de cesse de théoriser leur propre pratique, en essayant d’adopter une distance critique par rapport à elle. La légèreté pensive induit donc une dynamique que l’on pourrait appeler « énergie romanesque » : l’énergie, définie comme force en acte, caractérise l’intensité du texte, sa vitalité et la capacité du roman à appréhender et à faire appréhender au lecteur différemment le monde. Ces deux notions, ainsi couplées, permettent d’éclairer la facture des œuvres tout en soulevant des enjeux politiques, philosophiques et éthiques.


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