Maurice Blanchot et la question de l'image

par Riccardo Rinaldi

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Marc Crépon.

Soutenue le 23-03-2019

à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) , en partenariat avec Métaphysique, histoires, transformation, actualité (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Danielle Cohen-Levinas.

Le jury était composé de Isabelle Alfandary, Perrine Simon-Nahum.

Les rapporteurs étaient Isabelle Alfandary, Perrine Simon-Nahum.


  • Résumé

    La plupart des approches philosophiques de l’œuvre de Maurice Blanchot ont réservé jusqu’à présent une place marginale à la question de l’image. À partir de L’Espace littéraire (1955), pourtant, l’image assume un statut théorique nous permettant de l’appréhender comme la matrice d’une écriture, d’abord partagée entre fiction et critique, qui trouve enfin dans la fragmentation son essor le plus naturel. Loin d’embrasser un nihilisme stérile, Blanchot dégage de la réflexion sur l’œuvre d’art de Heidegger l’idée d’une apparition en tant que disparition, d’une forme invalidant la distinction entre matière et forme, d’une présence qui n’est pas donnée : présence d’une absence. Il en tire une vision radicalement antihumaniste, bien plus cohérente que la conception de l’événement scandant l’histoire des époques de l’Être : venant avant la chose, l’image condamne la conscience du sujet métaphysique en tant que scène exclusive de toute représentation. Le visage de la mort devient le paradigme du regard aveugle que les choses portent sur nous. La littérature se révèle alors préliminaire à une vision autre, qui touche à ce qui précède l’existence de l’homme dans sa globalité, sa finitude s’éparpillant en une approche sans fin de la fin. Laissant de côté les textes politiques de Blanchot, nous avons considéré l’œuvre comme étant prioritaire au destin de l’auteur, que l’écriture emporte et détermine. Moins structurée que celle de Heidegger, elle s’avère finalement plus appropriée pour être lue à travers « l’optique » suggérée dans la Lettre sur l’humanisme : l’on ne peut concevoir une éthique, en tant que pensée de l’humanisme, si nous n’avons pas au préalable redéfini ce qu’est l’humanitas de l’homme.

  • Titre traduit

    Maurice Blanchot and the question of image


  • Résumé

    Most philosophical approaches to Maurice Blanchot's work have hitherto reserved a marginal place for the question of image. Since L'Espace littéraire (1955), however, image assumes a theoretical status that enables us to apprehend it as the matrix of his writing that, initially divided between fiction and criticism, finally achieves its most natural thriving in fragmentation.Far from embracing a sterile nihilism, Blanchot derives from Heidegger’s reflection on art the idea of an appearance as disappearance, of a form invalidating the distinction between matter and form; a presence which is not given: the presence of an absence. He draws from it a radically anti-humanist vision, much more coherent than the conception of the event defining the history of the epochs of the Being: coming before the thing, image condemns the consciousness of the metaphysical subject as the exclusive stage of all representation. The face of death becomes the paradigm of the blind gaze that things lay upon us. Hence, literature proves to be preliminary to a different vision, one that touches on what precedes man’s existence as a whole, his finitude being scattered in an endless approach of the end.Leaving aside the political texts of Blanchot, I have considered the œuvre as a priority in the author’s fate, which is overcome and determined by writing. Less structured than Heidegger's, Blanchot’s work proves finally more suited to be read through the perspective suggested in the Letter on Humanism: we cannot conceive an ethics, as a thought of humanism, if we have not previously redefine what the humanitas of man is.


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