Figures de migrants brésiliens en France : approche anthropologique et sociolinguistique

par Gabriela Rodrigues Moreira

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Jean-Marie Prieur.

Soutenue le 12-12-2018

à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec DIPRALANG (Montpellier) (laboratoire) et de DIPRALANG (Montpellier) (laboratoire) .

Le président du jury était Valérie Spaëth.

Le jury était composé de Ksenija Djordjević, Carla Nunes Vieira Tavares.

Les rapporteurs étaient Jean-Gérard Lapacherie.


  • Résumé

    L’un des effets de la mondialisation est l’intensification des mouvements migratoires. Motivés par des raisons variées, certains quittent, en effet, leur terre natale pour vivre ailleurs, dans un « pays d’accueil ». Comprendre le flux migratoire n’est pas seulement saisir les données théoriques qui entourent la migration, mais, d’une façon empirique, les confronter à la réalité du vécu. Tout récit de vie suit un schéma narratif subjectif, hétérogène et répétitif. Raconter l’histoire de sa vie, c’est mettre en mots sa mémoire et donner un sens nouveau au passé par un regard rétrospectif et ce, à travers le discours. Les récits de vie des migrants Brésiliens installés en France font l’objet de cette étude de thèse en Sciences du langage. Leur processus migratoire s’inscrit dans une perspective subjective d’ordre affective ou économique et se concrétise par un type de migration choisie : affective, étudiante ou professionnelle. En nous appuyant sur les théories d’analyse du discours et sur une définition lacanienne du sujet, nous avons cherché à savoir comment le rapport à la langue-culture étrangère révèle la subjectivité du sujet migrant et dans quelle mesure le processus migratoire conditionne l’entre-deux-langues-cultures.Les entretiens sont analysés dans une perspective anthropologique et sociolinguistique qui vise à contribuer aux réflexions sur le processus d’appropriation d’une nouvelle langue-culture du sujet migrant qui se voit, parfois douloureusement, partagé entre deux terres d’appartenance. Nous observons ainsi à la fois les conditions d’accueil et le contexte d’apprentissage du Français Langue Étrangère. L’analyse des entretiens révèle un sujet migrant essayant sans cesse de justifier ses choix et son désir de départ par les événements de sa propre histoire. Le locuteur choisit alors des mots qui le positionnent subjectivement à travers le récit de ses origines, son rapport à l’autre, à la famille, à l’école, au travail. Partagé entre deux lieux, deux langues, en quête de repères, il se sent souvent étranger à lui-même. Migrer, c’est se scinder, se (re)trouver dans le regard de l’autre ; à la recherche éternelle de sa subjectivité.

  • Titre traduit

    Figures migrants brazilians in France : sociolinguistics and anthropological approach


  • Résumé

    One of the many effects of globalisation is the increase of migratory movements. Various reasons are calling some people to leave their homeland to go and live abroad, in a host country. And understand the migratory move is not only to get a hold of the theoretical input of this subject, but, in an empirical way, to confront them to the reality of life. Any life story follows a subjective, heterogeneous and repetitive narrative layout. Tell the story of your life is to put one’s memory in words and give a new meaning to the past by a retrospective view and this, through speaking. This thesis in Language Sciences will focus on the life stories of Brazilian migrants living in France. Their migratory process will start in a subjective perspective, either affective or economical, and will shape through the chosen type of migration : affective, student or professional. Based on discourse analysis theories and a Lacan definition of the subject, we have attempted to figure out how the relation to the foreign language-culture reveals the subjectivity of the migrant subject and how the migratory process conditions the feeling of being in-between two languages-cultures.The interviews are analyzed in an anthropologic and sociolinguistic point of view to contribute to the research field of the language-culture integration process for the migrant subject. We then observe both hosting conditions and the French learning context. An analysis of the interviews highlights a migrant subject always trying to justify his/her choices and will to depart, by the events of his/her own story. The speaker then chooses words setting himself/herself subjectively through the telling of his/her background, the relation to the other, to the family, to school, to work. Share between two places, two languages, seeking reference points, he feels like a stranger to himself. To migrate is to rift, to find oneself (back) in the eyes of the other ; in an eternal search of each one’s subjectivity.


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