La cinécriture d'Agnès Varda : pictura et poesis

par Nathalie Mauffrey

Thèse de doctorat en Histoire, histoire de l’art et archéologie. Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Claude Viot-Murcia.

Le président du jury était Jacqueline Nacache.

Le jury était composé de Jean Cléder.

Les rapporteurs étaient Vincent Amiel, Dork Zabunyan.


  • Résumé

    Cette thèse est née d’une volonté de comprendre la sensation, que nous avons eue en visionnant les films d’Agnès Varda, de l’odeur de colle sur ses doigts et la reconnaissance d’un style unique par-delà l’hétérogénéité d’une œuvre, qui comprend des photographies, des albums, des courts métrages et des longs métrages, de documentaire comme de fiction, pour le cinéma, la télévision comme pour nourrir l’édition artisanale de DVD, et, enfin, des installations audiovisuelles. Les nombreux écrits sur l’œuvre d’Agnès Varda témoignent d’un vif intérêt de la critique pour cette démarche singulière que les recherches universitaires françaises ont peu relayée, puisque deux numéros de revues et un ouvrage collectif en langue française seulement ont constitué notre premier fonds documentaire. Celle que l’on surnomme la mère de la Nouvelle Vague est restée en marge et il faut aller « outre-mère » pour trouver des monographies conséquentes sur son cinéma, issues des approches genrées et, paradoxalement, de la French Theory. Pour embrasser l’hétérogénéité de cette œuvre et subsumer nos intuitions sensibles sous une « méthode Varda » que la cinéaste nomme cinécriture, nous avons concilié analyse textuelle et approche comparatiste dans la tradition de l’ut pictura poesis. De ces analyses organisées en quatre maîtres mots – réfléchir, se réfléchir, rêver et bricoler –, ont émergé une pensée cohérente sur le cinéma et la dimension plastique du geste du cinéaste : une dialectique matérialiste de l’imaginaire héritée de Bachelard dans laquelle la mise en scène du couple, à la manière des paysages avec figures en peinture, constitue une allégorie de la création ; une poïéthique cinématographique, qui concilie le faire et le dire, l’approche sensible et spirituelle d’un monde dans lequel l’altérité, y compris artistique, est constitutive du soi ; l’écriture enfin d’un mouvement à rechercher dans la profondeur d’une image, sans cesse recyclée, dont le film reconstruit la quête au terme d’un bris- collage qui se scande en trois temps – la prise, la reprise et la surprise.

  • Titre traduit

    Agnès Varda’s cinécriture : pictura et poesis


  • Résumé

    This thesis was born from a will to understand the sensation, which we had viewing Agnès Varda's films, of the smell of glue on one's fingers and the recognition of a unique style beyond the heterogeneousness of her work, which includes photographies, albums, short and full-length films, documentary as well as fiction, for the cinema, the television as if to feed the home-made edition of DVDs, and, finally, of audiovisual setting-ups. The numerous written documents on Agnès Varda's work show a keen interest from the critics for this singular way which French university research have little relayed, since only two magazine issues and one collective work in french language have made up our first documentary fund. She who was named the mother of the New Wave remained on the fringe and one must go « over-see » to find consistent monographs on her cinema, derived from gender studies and, paradoxically, from the French Theory. To embrace the heterogeneousness of this work and bring to light our sensory intuitions under a « Varda method » which the film-maker calls cinécriture, we have conciliated textual analysis and comparatist approach in the tradition of the ut pictura poesis. From these analyses organized in four key words – think, reflect, dream, tinker - , have emerged a coherent thought on cinema and the plastic dimension of the gesture of the film-maker : a materialistic dialectic of the imaginary inherited from Bachelard in which the putting-on a show of the couple, like lanscapes with figure in painting, constitutes an allegory of creation, a cinematographic poïethic, which conciliates the doing and the saying, the sensitive and spiritual approach of a world in which the otherness, artistic included, is constituent of the self ; the writing at last of a movement to be looked for in the depth of an image, constantly recycled, of which the film rebuilds the quest at the term of a bris-collage which is articulated in three stages – the prise, reprise and surprise.

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