Infections ano-génitales par les papillomavirus humains oncogènes chez les femmes en Guadeloupe .

par Nadège Cordel

Thèse de doctorat en Recherche clinique, innovation technologique, santé publique

Sous la direction de Eustase Janky.

Le jury était composé de Eustase Janky, Nicolas Dupin, Jean Gondry, Raymond Césaire, Annie Lannuzel.

Les rapporteurs étaient Nicolas Dupin, Jean Gondry.


  • Résumé

    Les cancers viro-induits dont le chef de file est le cancer du col utérin lié aupapillomavirus humain (HPV) représentent une cause importante de mortalité dans la Caraïbe. Ilsont récemment été désignés comme objectif de santé publique par les registres des cancers antillais.Pour autant, les données virologiques disponibles sont rares et concernent principalement lesantilles anglophones. Des études de répartition génotypique menées à Tobago, en Jamaïque et à laBarbade montrent, en population générale, une forte prévalence des infections par les HPV à hautrisque oncogène (HRHPV) et une prédominance de génotypes différents de ceux qui prévalent dansles pays du nord (i.e.: HPV16, HPV18) notamment les génotypes HPV45 et HPV58. Ces donnéessoulèvent la question de l’existence d’un profil de distribution génotypique particulier dans laCaraïbe et la nécessité, le cas échéant, d’adapter la stratégie de prévention vaccinale des infectionspar les HPV à haut risque oncogène car les vaccins actuels ne ciblent que les génotypes 16 et 18 .Objectifs : L’objectif principal du travail était de décrire la distribution génotypique (estimation dela prévalence des différents génotypes) des HPV oncogènes impliqués dans les infections de lasphère ano-génitale des femmes, en Guadeloupe. L’objectif secondaire était de préciser les facteursdémographiques, sociaux et cliniques associés à la présence d’une infection ano-génitale à HPVoncogène.Patients et méthodes : Trois études ont été envisagées : i) une étude rétrospective, en populationgénérale, à partir des données cytologiques et virologiques du cabinet de pathologie de Guadeloupedont l’activité est la plus intense dans le domaine ciblé, ii) deux études prospectives conduites chezdes femmes immunodéprimées, soit par une transplantation rénale, soit par une maladie systémiqueauto-immune. Cette population de femmes a été choisie car elle est caractérisée par une prévalenceélevée d’infections ano-génitales à HPV oncogènes et une fréquence importante de complicationscarcinologiques HPV-induites, documentée dans la littérature.8prévalence des HPV à haut risque oncogène de type ni 16 ni 18 comme en atteste la distributiongénotypique observée en population générale et en population immunodéprimée (i.e. prévalenceforte du type HPV52 et à moindre degré des types HPV39 et HPV51 chez les patientestransplantées et des types HPV31, HPV58, HPV39, HPV45 chez les patientes présentant unemaladie systémique auto-immune). Ces résultats confortent les données des études précédemmentconduites dans l’arc antillais et constituent un argument pour élargir la protection vaccinale anti-HPV aux types non 16 non 18, dans le but d’ optimiser la prévention primaire du cancer du colutérin, aux Antilles.Le vaccin anti-HPV nonavalent, de commercialisation récente, semble représenter une optionintéressante. En effet, les 5 types supplémentaires de HRHPV qu’il cible par rapport aux vaccins de1ère génération (i.e.: HPV31, HPV33, HPV45, HPV52, HPV58) correspondent aux types despapillomavirus humains à haut risque oncogène ni 16 ni 18 qui circulent activement dans laCaraïbe, y compris deux types impliqués dans les cancers invasifs du col utérin aux antillesfrançaises: HPV33 et HPV45.Les facteurs de risque d’infection par les HPV oncogènes identifiés dans notre travailcorrespondent aux facteurs largement documentés dans la littérature comme le début précoce desrapports sexuels ou le statut de célibataire. Une étude de plus grande envergure est nécessaire pourinvestiguer l’association avec la sclérodermie systémique.

  • Titre traduit

    Oncogénic human papillomavirus anogenital infections among women in Guadeloupe.


  • Résumé

    Of the virus-related cancers, cervical cancer linked to the human papillomavirus(HPV), is one of the leading causes of mortality in the Caribbean. These cancers have recently beenidentified as an important public health problem by Caribbean cancer registries. However,virological data available are limited and related primarily to the English-speaking Caribbean.Genotypic distribution studies in Tobago, Jamaica and Barbados show a high HPV prevalence ofhigh-risk HPV types (HR HPV) infections in the general population and a predominance ofgenotypes different from those of northern countries (i.e.: HPV16 and HPV18) in particular typesHPV45 and HPV58. These data raise the question of the existence of a specific genotypicdistribution profile in the Caribbean and the need, if required, to adapt vaccine prevention strategyagainst HRHPV infections because current vaccines only target genotypes 16 and 18.Objectives: The main objective of this study was to describe the distribution of carcinogenic HPVtypes involved in anogenital infections of women in Guadeloupe. The second objective was toidentify the demographic, social and clinical factors associated with the presence of oncogenic HPVinfection of the anogenital area.Patients and methods: Three studies were conducted: (i) a retrospective study concerning thegeneral population based on cytological and virological data from the Guadeloupe pathologylaboratory whose activity is the most intense in the targeted field; (ii) two prospective studies inwomen immunocompromised (i.e.: kidney transplant recipients, autoimmune systemic disease).This population of women was chosen because it is characterized by a high prevalence of HPVanogenital infections with frequent HPV-induced mucosal cancer complications reported in theliterature.Our 3 studies show a high prevalence of anogenital infections with carcinogenic HPVin women on the island of Guadeloupe. This high prevalence appears to be directly linked to theprevalence of high-risk, oncogenic HPVs of type non 16 and non 18, as evidenced by the genotypicdistribution observed in the general population and the immunocompromised population (i.e. HPV52 , HPV39, HPV51 in kidney transplant recipients and HPV31, HPV58, HPV39, HPV45 inpatients with autoimmune systemic disease). These results are in accordance with data from studiespreviously carried-out in Caribbean. They constitute an argument for extending the protectionagainst non-16 and non-18 HPV types infections with the aim of optimizing the basic prevention ofcervical cancer in the caribbean countries. The nonavalent new HPV vaccine seems to constitute aninteresting option. The 5 additional types of HR HPV that it targets compared to first generationvaccines (i.e.: HPV31, HPV33, HPV45, HPV52, HPV58) correspond to high risk HPV types nor16nor18 that are actively marketed in the Caribbean, including two types involved in invasive cervical11cancer in the French West Indies: HPV33 and HPV45.Risk factors for HPV infection identified in our study correspond to factors widely documented inthe literature such as early onset of sexual intercourse or unmarried status. A larger study is neededto investigate the association with systemic sclerosis.


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Informations

  • Sous le titre : Infections ano-génitales par les papillomavirus humains oncogènes chez les femmes en Guadeloupe
  • Détails : 1 vol. (118 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 94-105. Annexes
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