Usage des terres et politiques climatiques globales

par Vincent Gitz

Thèse de doctorat en Sciences de l'environnement

Sous la direction de Jean-Charles Hourcade.

Soutenue en 2004

à Paris, ENGREF .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur le rôle des dynamiques d'usage des sols et de la séquestration biologique du carbone dans les politiques de contrôle du CO2 atmosphérique. Elle part du constat que, de Rio-1992 aux Accords de Marrakech (2001), la constitution d'une base de faits scientifiques sur le cycle global du carbone, n'a pas empêché l'émergence de controverses diplomatiques sur la place des puits dans la convention climat. Posent problème les incitations au stockage dans les filières forestières et à la maîtrise des fronts de déforestation tropicale. Puis, nous évaluons à l'aide d'un modèle du cycle global du carbone et de l'usage des terres, la sensibilité de l'évolution du CO2 atmosphérique aux scénarios d'usage des terres. Les changements d'usage des terres conduisent à amplifier les niveaux de CO2 atm. En réponse aux émissions fossiles, cet effet impliquant des efforts accrus pour respecter une cible de concentration. Enfin, nous posons la question du tempo optimal des efforts fossiles et de la séquestration au sein de politiques climatiques ``mixtes''. Nous montrons que la valeur sociale du carbone séquestré est liée à l'anticipation des dommages climatiques futurs, donc à l'effort fossile qui déterminera la stabilisation du climat. Ces résultats lient le tempo de la séquestration à l'évolution future des dommages climatiques. Si ceux-ci sont incertains, mais susceptibles d'être révélés à l'avenir, il est alors optimal de réserver une partie du potentiel, limité, de séquestration afin d'araser un pic de coût d'abattement qui pourrait apparaître en cas de ''surprise'' climatique amenant à respecter des plafonds de concentrations finalement plus stricts.

  • Titre traduit

    Land-use change and global climate policies


  • Résumé

    This PhD thesis assess the role of land-use dynamics and carbon sequestration within climate policies. First, it describes the emergence, from the Rio-1992 to the Marrakech Accords (2001), of diplomatic controversies upon carbon sinks, in the context of the progressive constitution of a scientific basis on terrestrial carbon sinks. It questions the ability of the actual form of international climate regime to generate the appropriate incentives to sequester within the forestry sector in developed countries, or to control tropical deforestation. Second, the contribution of land-use change to atmospheric CO2 rise is quantified using a newly designed model of the global carbon cycle and regional land-use (OSCAR). We show that carbon emitted via land-use is not equivalent to fossil carbon emission in respect to atmospheric CO2 rise. This effect, all the more than land-use emissions are increasing, requires a greater mitigation effort to stabilize atmospheric CO2. Finally, optimal timing of mixed climate policies involving fossil emissions mitigation and biological sequestration is assessed within an intertemporal cost-benefit framework. We show that the social value of sequestered carbon depends on anticipating future climate damages. Within optimal control models, this links the timing of sequestration to fossil effort and to the evolution of climate damages; if the latter are uncertain, but might be revealed at a later date, then it might be optimal to reserve part of the limited sequestration potential to cut off an eventual future abatement cost peak, were a climate surprise to finally imply stringent concentration ceilings.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (431 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. 228 réf.

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