« Qui est là ? » : enquête sur l’identification et l’identité des personnages anonymes dans le théâtre de William Shakespeare

by Oriane Littardi

Doctoral thesis in Etudes théâtrales

Under the supervision of Catherine Balaudé-Treilhou.

Ongoing thesis at Sorbonne Paris Cité , under the authority of École doctorale Arts et médias (Paris) , in a partnership with Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) and Institut de recherches en études théâtrales (Paris) (laboratoire) since 08-11-2011 .

  • Alternative Title

    “Who’s there?” : a Study of the Identification and the Identity of Anonymous Characters in William Shakespeare’s Plays


  • Abstract

    In William Shakespeare’s plays, characters are often called by common nouns, which can indicate social status (“Gentleman”), occupation (“Gardener”), geographic origin (“Egyptian”) or relationship (“Father”). This anonymous way of naming, which does not assign personal names to the characters, shows that Shakespeare stresses these parts’ affiliation to a ranked and extensive society, mirroring the audience attending the performance, which itself forms a large social spectrum. The study of their identification, based on all the signs which shape the characters — speech headings, costume, props, body, speech —, reasserts a conception of anonymous characters which highlights their social identity to the detriment of their personal identity. Thus, the genericity of the anonymous characters mainly allow them to support named heroes or their social group, according to the self-effacement principle, as Molly Mahood and Florence Yoon define it. However, Shakespeare’s poetical process leads him to develop parts, that may seem minor at first, by working the tension between their function and their individuality. Their relation to otherness gives them an interactive identity, socially and theatrically, which shapes their raison d’être. From generical anonymity, characters can thus rise up to the realm of universality.


  • Abstract

    Dans les pièces de William Shakespeare, les personnages sont souvent désignés par un nom commun, qui peut indiquer leur statut social (« Le Gentilhomme »), leur métier (« Le Jardinier »), leur origine géographique (« L’Égyptien ») ou encore leurs liens relationnels (« Le Père »). Ces désignations anonymes, c’est-à-dire qui n’attribuent pas de nom propre aux personnages, montrent que Shakespeare favorise une inscription de ces rôles dans une société hiérarchisée et étendue, à l’image du public qui assiste aux spectacles, lui-même composé d’un large spectre social. L’étude de leur identité formelle, à partir de tous les signes identificatoires qui permettent la fabrique des personnages — didascalies, costumes, accessoires, corps et parole —, confirme une conception des personnages anonymes ancrée dans l’identité sociale, au détriment de leur identité personnelle. La généricité du personnage anonyme lui permet alors le plus souvent de se mettre au service des héros nommés ou du groupe social auquel il appartient, suivant le principe de self-effacement, « effacement de soi », pour reprendre les termes de Molly Mahood et de Florence Yoon. Toutefois, le mouvement poétique de Shakespeare le conduit parfois à développer ces rôles qui semblent au premier abord mineurs, en travaillant une tension entre fonctionnalisation et individualisation. Leur rapport à l’altérité leur confère alors une identité interactive, socialement et théâtralement, qui façonne leur raison d’être sur la scène de théâtre. D’un anonymat générique, les personnages peuvent alors s’élever vers la sphère de l’universalité.