La symbolique du sang chez Dante

by Christophe Libaude

Doctoral thesis in Philosophie

Under the supervision of Bruno Pinchard.

defended on 25-01-2014

in Lyon 3 , under the authority of École doctorale de philosophie (Lyon) .

Thesis committee President: Pierre Girard.

Thesis committee members: Nicolò Mineo.

Examiners: Frank La Brasca, Sergio Cristaldi.

  • Alternative Title

    The symbolism of blood in Dante


  • Abstract

    Our interpretation of the first part of the Vita Nova, based on the symbolism of blood present in the first vision of Dante and the initiatic wedding scene (the "gab"), enables us to get an insight of the Dante's symbolic system. One of the main ideas of this work is that love not only leads to death, but also to the experience of the Inferno. In other words, in Dante's work the dialectics of love and death is solved by a confrontation to the realm of the dead, which the poet first experiences when he both witnesses and takes part in the initiatic female rite during the wedding scene of the Vita Nova. Dante's courtly love does not simply come down to the dialectics between passionate love and purified love; thus, the ideal path from Eros to Caritas is being questioned, since Dante's courtly love, which reveals the initiatic structures revolving around Beatrice's unveiling, opens onto the realm of the dead. so any moralist or theological interpretation of Dante's courtly love shouldn't be accepted, whether in the Vita Nova or in the Fifth Canto of the Inferno: love is first and foremost an access to knowledge. We move on to the figure of Medusa and the question of petrification, linked not only to the blood symbolism but to a complex solsticial system. Petrification turns out to be a necessary step of the journey towards Lucifer.


  • Abstract

    Notre lecture de la première partie de la Vita Nova, fondée à la fois sur le symbolisme du sang présent dans la première vision de Dante et sur la scène initiatique du mariage (le rire des femmes), nous permet de pénétrer dans le réseau symbolique de l'œuvre. Ainsi le sang versé par Paolo et Francesca fait écho au sang de Béatrice, et ne peut être compris que par rapport à une symbolique du livre présente dès la Vita Nova, non seulement avec l'image du "livre de la mémoire", mais surtout avec un cœur mangé compris dans le sens d'un engendrement de l'œuvre. Si la courtoisie ne peut être chez Dante qu'une courtoisie infernale, une courtoisie tournée non seulement vers les morts mais aussi vers le centre de la terre, il faut alors rejeter toute interprétation moraliste et théologique des valeurs courtoises chez Dante. En ce sens, notre travail invite à une reconsidération de la théologie chez Dante, et surtout du rapport entre Béatrice et la théologie. Et si nous invitons le lecteur de Dante à se montrer prudent non seulement envers des lectures trop moralisatrices de Dante au vingtième siècle, mais aussi envers toute tendance à idéaliser la figure de Béatrice, c'est pour mettre en évidence une double figuration de la différence sexuelle dans l'œuvre du poète: celle d'une union portant à un engendrement et rendant nécessaire la périlleuse traversée de l'Enfer, et celle d'une opposition terrifiante des femmes à l'initiation du poète (dans la Vita Nova)et à la traversée de l'Enfer. C'est ici que nous rencontrons non seulement la figure de Méduse, qui nous conduira à une longue réflexion sur la pétrification chez Dante, mais aussi le mythe d'Orphée, avec une opposition des femmes conduisant, après son voyage dans les régions mythiques de l'Hyperborée, à sa mort tragique lorsqu'il est déchiqueté par les femmes thraces. Ces réflexions nous auront porté non seulement à reconsidérer le sens de la figure d'Orphée dans le deuxième livre du Banquet, mais aussi le sens de l'allusion aux monts Riphée dans le chant XXVI du Purgatoire, en rapport à une symbolique du vent du Nord et du vent du Sud qui traverse une grande partie de l'œuvre du poète. Ainsi prend sens notre étude du cycle des "Rime Petrose", avec la figure pétrifiante de la Dame Pierre (rapprochée de Méduse), et la mise en évidence d'un symbolisme solsticial rendant plus complexe encore la question du dévoilement de Béatrice. Notre travail commençait avec le sang de Béatrice, il s'achève avec le reproche de la dame quant à l'esprit pétrifié et "teint" du poète("impetrato, tinto"), point de convergence d'un double parcours dans l'œuvre, que nous avons appelé le chemin du sang et le chemin de la pierre.

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