Utilisation des réseaux sociaux numériques dans un contexte de gestion territorialisée des crises, comparaison entre l’Ile-de-France et la région de Bruxelles-Capitale

par Victor Santoni

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Samuel Rufat.

Soutenue le 16-11-2021

à CY Cergy Paris Université , dans le cadre de Arts, Humanité, Sciences Sociales , en partenariat avec Laboratoire PLACES (Cergy-Pontoise, Val d'Oise) (laboratoire) .


  • Résumé

    Depuis l’ouragan Sandy en 2012, les réseaux sociaux sont perçus comme une source potentielle d'information en cas de crise majeure. Les citoyens de la ville de New York ont utilisé le réseau social Twitter pour rendre compte en temps réel de la situation. Le citoyen équipé de son smartphone devient un citoyen-capteur. Il fournit une information géographique depuis le terrain qui peut être utilisée en gestion de crise avec une quasi-instantanéité, plus vite que les équipes de primo-intervenants. Cela fait une dizaine d’années que les systèmes de gestion de crise d’Europe de l’ouest ont commencé à utiliser les réseaux sociaux numériques dans leur communication avec les citoyens. Pourtant, en France, les attentats du 13 novembre 2015 font l’effet d’un électrochoc puisqu’il n’existe à l’époque aucun protocole pour l’utilisation des réseaux sociaux en situation de crise et que la population a été laissée plus de deux heures sans directives. Quelques mois plus tard, pendant les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, les gestionnaires de crises belges laissent eux-aussi la population une heure sans directive.Depuis ces évènements, la réponse numérique est forte en France avec le développement de plusieurs applications nationales de gestion de crise successives (SAIP, TousAntiCovid), plusieurs portails web et la multiplication des comptes institutionnels sur les réseaux sociaux. Pourtant, s’il existe bien un objectif croissant d’utilisation des réseaux sociaux, les États peinent à réguler les activités des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) au sein de leurs propres territoires. En parallèle, il n’existe pas d’étude ou d’indicateurs qui font état des apports concrets de l’utilisation des réseaux sociaux numériques pendant une crise.Quelles sont les informations accessibles et utilisables sur les réseaux sociaux numériques pendant une crise ? Quels sont les apports du numérique dans la transformation de la communication sur les risques et dans l’implication citoyenne dans la gestion de crise ? Quelles sont les attentes des gestionnaires de crise vis-à-vis du numérique ? Qu’est-ce que la gestion de crise révèle des interactions entre flux d’information et territoire ? Cette thèse porte sur l’utilisation des réseaux sociaux numériques dans le cadre de la gestion de crise territorialisée ainsi que sur une comparaison territoriale entre la région Ile-de-France en France et la région de Bruxelles-Capitale en Belgique. L’objectif de ce travail de recherche est d’étudier les logiques de circulation de l’information géographique entre les territoires et les réseaux sociaux numériques pendant une crise ainsi que d’observer les effets de l’organisation des systèmes de gestion de crise sur cette circulation d’informations.Pour répondre aux questions soulevées, cette thèse se structure autour de quatre axes de travail.Le premier axe consiste en la constitution d’un cadre théorique, le territoire 2.0, pour structurer les échanges d’informations entre les territoires et les réseaux sociaux numériques. Le second axe mobilise des entretiens réalisés avec plusieurs gestionnaires de crise français et belges afin d’aller comprendre comment s’organisent les différents systèmes de gestion de crise. De plus, nous avons cherché à cerner la perception, la position et les attentes de ces gestionnaires vis-à-vis du numérique. Le troisième axe consiste en une approche empirique sur l’analyse de 11 situations de crise sur le réseau social Twitter ayant eu lieu entre 2009 et 2019. Pour cela, nous avons définis, extraits et analysés 11 corpus de tweets correspondant à la temporalité et aux mots clés de ces 11 situations de crises. Enfin le dernier axe correspond à une approche empirique sur la perception des risques et la participation citoyenne dans la gestion de crise par le numérique à l’aide d’un questionnaire diffusé en Ile-de-France et en région de Bruxelles-Capitale.

  • Titre traduit

    Use of digital social networks in a context of territorial crisis management, comparison between the Ile-de-France and the Brussels-Capital region


  • Résumé

    Since Hurricane Sandy in 2012, social networks have been seen as a potential source of information during a major crisis. Citizens of New York City used the social network Twitter to report on the situation in real time. By using their smartphones, citizens become a citizen-sensor. They provide geographic information from the field that can be used in crisis management with near-instantaneousness, faster than first responders. It has been about ten years since Western European crisis management systems started using digital social networks in their communication with citizens. Yet, in France, the Paris attack came as a shock as there was no protocol for using social networks in a crisis situation at the time and the population was left in a two hours communication black out. A few months later, during the Brussels attacks of March 22, 2016, the Belgian crisis managers also left the population for an hour without guidelines.Since these events, the digital response is strong in France with the development of several successive national crisis management applications (SAIP, TousAntiCovid), several web portals and the multiplication of institutional accounts on social networks. However, if there is a growing objective of using social networks, States are struggling to regulate the activities of GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple and Microsoft) within their own territories. At the same time, there are no studies or indicators that report on the concrete contributions of the use of digital social networks during a crisis.What information can be accessed and used on digital social networks during a crisis? What are the contributions of digital technology in the transformation of risk communication and in the involvement of citizens in crisis management? What are the expectations of crisis managers regarding digital technology? What does crisis management reveal about the interactions between information flows and territory? This thesis focuses on the use of digital social networks in the context of territorialized crisis management and on a territorial comparison between the Ile-de-France region in France and the Brussels-Capital region in Belgium. The objective of this research work is to study the logics of geographical information circulation between territories and digital social networks during a crisis as well as to observe the effects of the organization of crisis management systems on this information circulation.To answer the questions raised, this thesis is structured around four axes of work. The first axis consists in the constitution of a theoretical framework, the territory 2.0, to structure the information exchanges between territories and digital social networks. The second axis mobilizes interviews with several French and Belgian crisis managers in order to understand how the different crisis management systems are organized. Moreover, we tried to identify the perception, the position and the expectations of these managers towards digital technology. The third axis consists of an empirical approach on the analysis of 11 crisis situations on the social network Twitter that took place between 2009 and 2019. To do so, we defined, extracted and analyzed 11 corpora of tweets corresponding to the temporality and the keywords of these 11 crisis situations. Finally, the last axis corresponds to an empirical approach on the perception of risks and citizen participation in crisis management by digital means using a questionnaire distributed in the Ile-de-France and Brussels-Capital regions.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : CY IUT. Service commun de la documentation. Bibliothèque numérique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.