Le fantastique à la frontière des cultures : formes populaires et élaboration des sciences de la vie psychique dans la littérature fantastique sous le Second Empire

par Manuela Mohr

Thèse de doctorat en LITTERATURES FRANCAISES, COMPAREES spécialité Littérature française

Sous la direction de Corinne Perrin-Saminadayar et de Beatrice Nickel.

Le président du jury était Jean-Marie Roulin.

Les rapporteurs étaient Kirsten Dickhaut.


  • Résumé

    Si Tzvetan Todorov a provoqué un regain d’intérêt pour le genre fantastique, il a réduit le champ des interrogations le concernant à la perspective textualiste. Il faut dépasser cette perspective, et voir en quoi le fantastique se saisit des éléments issus des cultures populaires pour en faire des textes légitimés qui interrogent la psyché humaine. Au XIXe siècle, trois champs de savoir s'articulent pour concevoir des modèles novateurs de la psyché humaine : le folklore, la littérature et la science. En 1830, avec l'arrivé des traductions d'E.T.A. Hoffmann qui reprend des formes populaires dans ses contes, commence la vague fantastique. Celui-ci trouve sa place dans des journaux et revues qui accueillent tant la culture populaire que la culture savante. D’une part, le fantastique hérite des fictions « populaires » et, d’autre part, il construit un « laboratoire fictionnel » des sciences du psychisme avant d'évoluer vers un fantastique intérieur. Néanmoins, le remaniement des mythes et des légendes dans la littérature fantastique en modifie les enjeux. Dès lors, le fantastique devient un répertoire de modèles alternatifs pour représenter la vie psychique, réfléchissant un savoir en train de se constituer.

  • Titre traduit

    The fantastic at the frontiers of cultures : lowbrow cultural forms and elaboration of the sciences of the mind in the fantastic literature of the second Empire


  • Résumé

    The fundamental book Introduction à la littérature fantastique by Tzvetan Todorov [1970] has declenched a considerable gain of interest in the fantastic. However, his major work had the effect of confining the field of research, and of reducing considerably the domain of interrogations. Todorov's perspective is textualist; his problematic is, above all, generic. This is why he builds a model which aims at defining the specificity of the fantastic literature in relation to genres considered as continguous: the strange and the marvellous. The recent progress in the domain of cultural history have shown the necessity of adopting a sociological and pragmatic perspective in order to define the specificity of a literary product as an act of communication. This approach is particularly fertile for the fantastic literature that takes certain subjects and forms, characteristics of the popular culture, and that reconfigures ''para-literary'' genres or genres linked to media typical of modern times. But the fantastic metamorphoses what it borrows from popular cultures in order to create legitimate texts. However, too many writers are forgotten by the researchers. During the whole nineteenth century, the fantastic literature constructs a ''fictional laboratory'' where mental sciences (psychology, psychiatry, neurology, psychoanalysis) begin to develop: these erudite cultures communicate with themes and motifs that had originated in legends or fairy-tales orally.

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