Le droit saisi par l'anarchisme. Étude du discours des militants libertaires (1870-1926)

par Claire Vachet

Thèse de doctorat en Histoire du droit

Sous la direction de Nader Hakim.

Soutenue le 11-12-2020

à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale de droit , en partenariat avec Institut de recherche Montesquieu (Pessac, Gironde) (laboratoire) .

Le président du jury était Xavier Prévost.

Le jury était composé de Nader Hakim, Xavier Prévost, Anne-Sophie Chambost, Céline Pauthier, Jérôme Henning, Guillaume Richard.

Les rapporteurs étaient Anne-Sophie Chambost, Céline Pauthier.


  • Résumé

    Entre 1870 et 1926, la critique que les anarchistes formulent à l’égard de l’État embrasse celle du droit, et les thèmes qu’ils abordent dans ce domaine sont vastes. Du rejet du contrat social, à celui de la loi, en passant par l’histoire du droit et de l’État, le droit étatique est, pour eux, un ennemi désigné. Les militants pensent alors l’anarchie en contradiction avec ce dernier. L’architecture normative de l’ordre libertaire qu’ils appellent de leurs vœux confère une large place à l’association libre des individus et au consentement de chacun à la norme. Or, elle repose aussi en grande partie sur des fondements naturalistes : leurs références aux sciences naturelles, conjuguées avec les sciences sociales alors naissantes, conduisent les militants à justifier l’anarchie à l’appui des vérités scientifiques admises à leur époque. Les allusions à la nature, au droit naturel et à la morale font de l’ordre libertaire un édifice fortement normatif qui pourrait le rapprocher du droit étatique auquel pourtant il s’oppose. L’étude du discours sur le droit des militants anarchistes pendant la période 1870-1926, à travers le dépouillement des ouvrages et de la presse de propagande, permet de mettre en lumière cette ambivalence. Bien que les juristes résument souvent l’anarchisme à la propagande par le fait, et le réduisent à l’anomie, l’historiographie récente de la pensée juridique tend à affirmer le contraire. Cette thèse démontre ainsi la présence complexe, à la fois implicite et explicite, du droit dans la pensée libertaire.

  • Titre traduit

    Law captured by anarchism. A study of the discourse of anarchists (1870-1926)


  • Résumé

    Between 1870 and 1926, anarchists criticism of the state includes criticism of law, and the themes they tackled in this area are vast. From the rejection of the social contract, to the rejection of the law, to the history of law and state, state law is, for them an enemy. Anarchists then think anarchy is in contradiction with it. The normative architecture of the anarchist society gives a large place to the free association of individuals and to the consent of each individual to the norm. However, it also relies on naturalist foundations : the reference to the natural sciences, combined with social sciences, leads militants to justify anarchy in support of the scientific truths accepted in their time. The reference to nature, natural law and morality made the anarchist society a normative order that could bring it closer to state law, which it opposed. The study of the discourse on law of anarchists during 1870 to 1926, through the study of the literature and the propaganda press, highlights this ambivalence. Although jurists often sum up anarchism as “propagande par le fait”, and reduce it to anomie, the recent historiography of legal thought tends to assert the opposite. This thesis demonstrates the complexity of the presence, both implicit and explicit, of law in anarchist thought.



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