La phénoménologie du corps et la refonte de la subjectivité chez Merleau-Ponty

par Stève Gwompo Djopkap

Thèse de doctorat en Philosophie et esthétique. Histoire de la philosophie et métaphysique

Sous la direction de Jacques Chatué et de Lorenzo Vinciguerra.

Soutenue le 20-11-2020

à Amiens en cotutelle avec l'Université de Dschang , dans le cadre de École doctorale en Sciences humaines et sociales (Amiens) , en partenariat avec Centre de recherche en arts et esthétique (Amiens ; 1993-....) (laboratoire) .

Le président du jury était Jeffrey Andrew Barash.

Le jury était composé de Jacques Chatué, Lorenzo Vinciguerra, Stefan Kristensen, Jacob Rogozinski.

Les rapporteurs étaient Stefan Kristensen, Jacob Rogozinski.


  • Résumé

    La phénoménologie du corps est une approche phénoménologique de la corporéité, en tant que cette approche réclame une rupture philosophique radicale. L'idée subséquente d'une refonte de la subjectivité chez Maurice Merleau-Ponty recouvre la volonté de dépasser le sujet métaphysique de la substance transcendante, ontothéologique ou phénoménologique qui court de l'Antiquité jusqu'à Husserl et Sartre, vers la singularité du corps propre, indissociablement sujet-objet, ou si l'on préfère, objet-sujet. En faisant usage de l'approche phénoménologico-reflexive, nous nous proposons de présenter les tenants et les aboutissants de la pensée merleau-pontienne, tout en prenant en compte les acquis de sa réception actuelle, notamment sur les terrains de la philosophie et des sciences humaines. Ce travail interroge particulièrement le postulat de l'innocuité du corps propre, qui réfère à une espèce de bonté originelle et de garantie éthique de l'humanisme merleau-pontien faisant face à la terreur. En mettant hors-jeu la conception métaphysique du corps qui idéalise l'homme, et révoquant l'approche scientifique en tant que cette dernière le chosifie, Maurice Merleau-Ponty établit en réalité une philosophie aux allures ambigües. Il pense le procès du corps en aboutissant à une ontologie de la chair qui s'assume dans le dualisme du voyant et du visible, enveloppés dans une étoffe commune. Cette étoffe qu'il nomme "chair" est l'élément primordial qui sous-tend et justifie le corps, non pas en tant que substrat, mais plutôt comme qui rend compte du rapport de l'homme-au-monde. Cependant, la vie phénoménale du sujet repose sur un enveloppement du voyant dans le visible. Ce chiasme est un narcissisme de l'Être qui par le moyen de la "chair universelle", parvient à se percevoir comme dans un "entre-deux" ; l'homme n'étant qu'une amplification de ce phénomène perceptif. Même si l'effort merleau-pontien de sacraliser le corps semble à son niveau recevable, nous pensons que les résultats de ces recherches demeurent inconsistantes pour notre époque, car l'homme est plus que jamais dans ce rapport d'étrangeté à soi, sacrifié à l'autel de l'altérité. Ceci nous oblige à emprunter de nouveaux chemins, à rechercher l'ipséité du moi-corporel dans la vie de l'autre. Il est essentiel, en notre sens, que cette valorisation bien travaillée du Sensible en général et de la corporéité en particulier, ne soit pas cause d'une désintégration de la subjectivité au profit exclusif de l'intercorporéité. Au contraire, il nous importe de montrer que la subjectivité apparaît comme le foyer qui sous-tend toute vie humaine dans la retraite ou l'intimité d'un corps

  • Titre traduit

    The phenomenology of the body and the recasting of the subjectivity by Merleau-Ponty


  • Résumé

    The phenomenology of the body is a phenomenological method of corporeality, since this method calls for a radical philosophical break. Maurice Merleau-Ponty's subsequent idea of a reconstruction of subjectivity encompasses the desire to go beyond the metaphysical subject of the transcendental, onto theological or phenomenological substance that runs from Antiquity to Husserl and Sartre, towards the singularity of the one's own body indivisibly subject-object, or better still object-subject. By applying the phenomenological-reflexive approach, the objective of this study is to question the stakes of themerleau-pontian's thought taking into account the achievements of its current reception, especially in the fields of philosophy and human sciences. We dwell particularly on the postulate of the innocuousness of the one's own body, which refers to a kind of original goodness and ethical guarantee of merleau-pontian humanism facing terror. By putting off the metaphysical conception of the body that idealizes man, and revoking the scientific approach as the latter relates it to an object, Maurice Merleau-Pontyestablishes in fact, an ambiguous philosophy which thinks the process of the body by leading to an ontology of the flesh which assumes in the dualism of the seer and the visible as they share together a common fabric. This fabric, which he calls "flesh", is the primordial element that underlies and justifies the body, not as a substratum, but rather as the account of man-to-the-world. However, the phenomenal life of the subject rests on a wrapping of the seer in the visible. This chiasm is a narcissism of the Being, which by the means of the "universal flesh", manages to be perceived in an "entre-deux", the man being only an amplification of this perceptive phenomenon. Even if the merleau-pontian effort to sacralize the body seems at its admissible level, we think that the results of this research remain inconsistent for our time, because man is more than ever in this relation of strangeness to oneself, sacrificed at the alter of otherness. This obliges us to take new paths, to seek the ipseity of the bodily-self in the life of the other. It is essential in our view, that this well-worked valuation of the Sensible in general and corporeality in particular, is not the cause of a disintegration of subjectivity for the exclusive benefit of intercorporeality. On the contrary, it is important for us to show that subjectivity appears as the focus that underlies all human life in the retreat or intimacy of a body



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