Ci-gît la marionnette : réifications et réanimations de l'humain sur les scènes de Tadeusz Kantor et de Louise Bourgeois

par Shirley Niclais

Thèse de doctorat en Histoire et Sémiologie du texte et de l’image. Théâtre et arts plastiques

Sous la direction de Évelyne Grossman.

Le jury était composé de Catherine Bernard, Julie Sermon, Éloi Recoing.

Les rapporteurs étaient Didier Plassard, Amos Passing Fergombé.


  • Résumé

    La marionnette qui hante ce travail est immobile, gisante. L’objet resté inerte, exposé dans toute sa placidité, révèle pourtant une nouvelle forme de vie. Au cœur d’un théâtre qui se refuse à l’illusion de la représentation, d’un art qui projette sur la matière morte ses peurs des misères physiques et psychiques, cette poupée inerte pose la question d’un corps décomposé qui revient à la vie à travers l’œuvre d’art. Que représente cet élargissement des registres de présences ? Comment le spectateur réagit-il à cette intrusion d’un irréel qui parfois semble plus vrai encore que le réel, à la fois grotesque et inquiétant ?Réanimer les pantins, les spectres de son enfance, les sources de son inspiration, sont les moyens qu’ont choisis Tadeusz Kantor et Louise Bourgeois pour se confronter à cet objet qui, fallacieusement, imite l’humain ou le défigure. De l’installation à la mise en scène des objets et jusqu’au rythme d’une œuvre inquiétée de l’intérieur s’opère ce que cette étude envisage comme une nouvelle dramaturgie marionnettique, non plus seulement celle de l’objet animé mais celle, peut-être, qui permet de penser l’œuvre d’art comme un organisme vivant, espace d’un nouveau « théâtre énergétique » comme celui pensé en son temps par Jean-François Lyotard.Il s’agit donc de poser la question d’un « état d’esprit marionnettique » dont l’émergence serait à placer au cœur de cette postmodernité devenue moderne. L’œuvre de Tadeusz Kantor comme celle de Louise Bourgeois teintent la question du noir des ombres, ou du rose qui tranche. Ils la pensent en tuant la marionnette, et en répétant indéfiniment la scène, ne craignant pas d’y voir valser les volutes de poussière.

  • Titre traduit

    Here Lies Puppetry : Reification and Reanimation of the Human Figure by Tadeusz Kantor and Louise Bourgeois.


  • Résumé

    The puppet haunting this work lies motionless. The inert object, exposed in all its placidity, still reveals a new form of animation. At the heart of a theater scene refusing the illusion of representation, of an art projecting on dead matter its fears of physical and psychic miseries, this inert doll questions the return to animation of a decomposed body through art. What does this expansion of presence registers reveal? How does the spectator react to this intrusion of an unreal, both grotesque and disturbing, that sometimes seems even more real than reality?Reviving the puppets, the ghosts of one’s childhood, the sources of one’s inspiration, are the means chosen by Tadeusz Kantor and Louise Bourgeois to confront this object which, falsely, imitates the human or disfigures it. From the installation to the staging of objects up to the rhythm of a work disturbed from the inside takes place what this study considers as a new kind of puppetry: not only that of the animated object but that which brings us to contemplate the work of art as a living organism, a place of a new "energetic theater" like that thought in his time by Jean-François Lyotard.It is therefore a question of a "puppet state of mind" whose emergence would be placed at the heart of this postmodernity that has become modern. The works of Tadeusz Kantor and Louise Bourgeois tint the question of the black of shadows, or of the pink that slices. They think it by killing the puppet and puppetry, and by indefinitely repeating the scene, without fearing to see swirls of dust waltz.

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