Les derniers vers du roman arthurien ˸ trajectoire d'un genre, anachronisme d'une forme

par Géraldine Toniutti

Thèse de doctorat en Langue, littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Catherine Croizy-Naquet et de Barbara Wahlen.

Soutenue le 28-06-2019

à Sorbonne Paris Cité en cotutelle avec l'Université de Lausanne , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre d'études du Moyen âge (Paris) (laboratoire) , Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Fonds national suisse de la recherche scientifique (organisme financeur) .


  • Résumé

    Qu’implique le choix du vers dans le roman, à une époque où la prose s’est déjà imposée comme forme privilégiée du genre ? C’est à cette question que nous soumettons le corpus des derniers romans arthuriens en vers, rédigés entre 1260 et 1380. Le choix atypique du vers dans le roman interroge les valeurs esthétiques attribuées à chaque forme au cours de ces siècles de mutation que sont le XIIIe et le XIVe siècle : l’écriture en vers résiste, mais est en décalage avec la forme irrémédiablement favorisée. Le corpus des derniers romans arthuriens en vers permet de tracer l’abandon du vers au profit de la prose dans le roman et sa spécialisation lyrique. La question des conséquences génériques qu’engendre un choix de forme se pose avec d’autant plus d’acuité dans ces textes que le choix anachronique de la forme versifiée engendre une façon particulière de traiter la matière arthurienne. La formalisation en vers ou en prose implique des perspectives différentes sur le monde raconté, sur la temporalité, sur les valeurs : on ne présente pas le mythe arthurien de façon identique selon la forme employée. À cela s’ajoute la position tardive qu’occupent ces romans par rapport à la trajectoire historique du roman arthurien en vers. Héritiers des romans de Chrétien de Troyes et de ses « épigones », ils succèdent aussi aux grands cycles en prose du XIIIe siècle, dont ils doivent s’accommoder. Ces romans s’inspirent alors des techniques narratives propres aux romans arthuriens en prose qui les précèdent. Si l’on peut dégager un certain nombre de similitudes entre ces deux types de production, plusieurs différences génériques prouvent bien qu’il s’agit de genres différents et que choisir le vers ou la prose engage des perspectives esthétiques et idéologiques particulières. À partir de ces interactions, une véritable poétique de la tardivité se dégage, entre vers et prose.L’étude des derniers romans en vers doit ainsi rendre compte de certaines contaminations de la prose au vers, mais aussi des différences entre vers et prose, voire des incompatibilités profondes entre ces deux façons de représenter en roman la matière arthurienne. Ces relations entre vers et prose informent l’épuisement de la production arthurienne en vers du XIIIe au XIVe siècle, qui illustre plus généralement l’abandon du vers au profit de la prose dans le genre romanesque français. Étudier les derniers représentants du roman arthurien en vers invite in fine à historiciser les emplois attribués au vers et à la prose au cours des siècles.

  • Titre traduit

    The Last Verses of the Arthurian Romance ˸ trajectory of a Genre, Anachronism of a Form


  • Résumé

    What does the choice of the verse in the novel involves, when prose is already the promoted form of the genre? It’s a question we ask to the last Arthurian romances in verse, written between 1260 and 1380. The uncommon choice of the verse in the novel questions the esthetic values conceded to each form during the 13th and the 14th centuries: the verse is resisting, but there’s a gap between this choice and the contemporary tastes, which value more prose than verse. The last Arthurian romances in verse give the chance to study the giving up of the verse for the benefit of the prose in the novel and its lyric specialization. The question of the generic consequences of a form choice is accurate in those texts, because the anachronic choice of the verse creates a particular way of dealing with the Arthurian matière. The form, verse or prose, supposes different prospects on the fictional world, on the temporality, on the values: the Arthurian myth is not presented the same way in verse or in prose.In addition, those novels are written at the end of a tradition: they are heirs to the novels of Chrétien de Troyes and to his “epigones”, but they are also heirs to the prose cycles of the 13th century. They have to deal with this tradition. The last Arthurian romances in verse are inspired by the narrative techniques of the Arthurian romances in prose. Even though there are many common features between the two productions, many generic differences prove that they are different genres and that the choice of a form involves different esthetic and ideological perspectives. From these interactions, a new poetic emerges, which we call “tardive”, between verse and prose.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Bibliothèque numérique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.