Nature et grâce chez saint Thomas d’Aquin : l’homme capable de Dieu

par Émilie De Vigouroux d’Arvieu

Thèse de doctorat en Etudes médiévales

Sous la direction de Olivier Boulnois et de Thierry-Dominique Humbrecht.

Soutenue le 13-12-2019

à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec École pratique des hautes études (Paris) (Établissement de préparation de la thèse) et de Laboratoire d’études sur les Monothéismes (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Christophe Grellard.

Le jury était composé de Olivier Boulnois, Thierry-Dominique Humbrecht, Christophe Grellard, Pasquale Porro, Serge-Thomas Bonino.

Les rapporteurs étaient Pasquale Porro, Serge-Thomas Bonino.


  • Résumé

    La publication par Lubac de Surnaturel en 1946, en accusant l’ensemble des thomistes d’infidélité au maître sur la question des rapports entre nature et grâce, déclencha une controverse, avant que sa démonstration ne donne l’impression de s’imposer. Depuis les années 2000 pourtant, on assiste à une recrudescence d’études tentant d’infirmer sa thèse et de réhabiliter l’interprétation qui prédominait depuis Cajetan. Pour reprendre le problème, la seule méthode était une lecture intégrale et chronologique de l’œuvre thomasienne. Celle-ci permet d’établir que, pour Thomas, 1°la capacité naturelle à la grâce de l’homme n’est pas une puissance obédientielle ; 2°il y a un appétit naturel et inné de l’intellect pour cette vision ; 3°par conséquent, aucune autre fin ultime ou béatitude n’est envisageable pour lui en dehors de la vision de l’essence divine ; 4°celle-ci reste cependant gratuite du fait qu’elle est inaccessible aux facultés naturelles. Par-delà la polémique, il s’agit de voir comment s’articulent les relations entre la nature et la grâce, chez l’homme concret dans l’état d’innocence d’abord, puis dans l’état post-lapsaire, en examinant les conséquences du péché originel et la restauration apportée par la grâce du Christ, avant d’en étudier le déploiement dans l’articulation entre la foi et la raison. On peut ainsi mesurer l’originalité de l’anthropologie de l’Aquinate qui donne à la nature une consistance qu’elle n’avait pas chez Augustin, mais n’intègre Aristote qu’en le réinterprétant de manière radicale à la lumière de la révélation.

  • Titre traduit

    Nature and grace at st Thomas Aquinas


  • Résumé

    Lubac’s publishing Surnaturel in 1946, accusing all the Thomists of unfaithfulness to the master about the issue of the connection between nature and grace, triggered a controversy, until his demonstration seemed to establish itself. Yet since 2000, we have witnessed a fresh outbreak of studies trying to contradict his theory and to restore the interpretation prevailing since Cajetan. To deal with the issue again, the only method was a complete and chronological perusal of Thomas’s work. This enables to establish that, according to Thomas : 1. man’s natural capacity for grace is not an obedential potency; 2. there is a natural and innate appetite of the intellect for this vision ; 3. consequently, it cannot consider any other ultimate end or beatitude apart from the vision of the divine essence ; 4. nevertheless this one remains free as natural faculties are unable to reach it. Beyond the polemic, the point is to see how consistent the relations between nature and grace are, in concrete man, first in the state of innocence, then in the state bearing the marks of original sin, by investigating the consequences of original sin and the restoration brought by Christ’s grace, before studying their extension into the interface between faith and reason. One can thus appreciate the originality of Aquinas’ anthropology, which gives nature a depth it did not have with Augustine, but includes Aristotle only by radically reinterpreting him in light of revelation.



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