Etude évolutive de la dissociation péri-traumatique chez des victimes confrontées au Réel de la mort dans le cadre d'actes terroristes

par Elisabeth Cedile

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Yolande Govindama.

Le président du jury était Isabelle Duret.

Le jury était composé de Yolande Govindama, Thierry Baubet, François Sauvagnat, Sidi Askofaré, Lise Haddouk.

Les rapporteurs étaient Thierry Baubet, François Sauvagnat.


  • Résumé

    Cette recherche a étudié l’évolution psychique de neuf victimes directes des attentats qui ont touché Paris durant l’année 2015 et dont les symptômes étaient atypiques, voire, inexistants, a priori. Si les symptomatologies d’états de stress post traumatiques caractéristiques sont communément admises, tant par les soignants, que par les acteurs juridiques de la réparation en dommage corporel, les états de dissociation péri et post traumatiques, lorsqu’ils sont identifiés, ne sont, en revanche, jamais envisagés autrement que comme des temps de latences augurant de futurs états de stress post traumatiques sévères. A l’aide des contenus d’entretiens cliniques réalisés à trois mois puis dix-huit mois des attentats, accompagnés de deux passations d’une échelle d’évaluation des états de stress post traumatiques (PCL/S), l’évolution psychologique de neuf victimes directes, sans symptômes caractéristiques apparents, a ainsi été effectuée. Cette étude a permis de démontrer que chez certains sujets, la confrontation au Réel de la mort se fait dans une telle violence qu’elle engendre la mise en marche de mécanismes de défense archaïques tel le déni de l’effroi décrit par Lebigot (2005) puis le clivage, et non des tableaux caractéristiques d’état de stress post traumatiques. Chez deux tiers des sujets, il a été démontré que la réassociation par le langage et le retour aux processus de symbolisation étaient néanmoins possibles, sans effondrement pathologique, mais en respectant une progression lente vers l’élaboration du traumatisme, dans le cadre d’alliances thérapeutiques étayantes et ininterrompues. Chez un tiers des sujets, en revanche, la permanence de tels tableaux cliniques, c’est-à-dire asymptomatiques pour deux d’entre eux, ou caractérisé par une amnésie dissociative pour l’un d’entre eux, n’a pas permis de déterminer le caractère adaptatif et non pathologique de tels mécanismes dissociatifs. L’ensemble des résultats démontre néanmoins la nécessité d’accroître les connaissances sur le sens, le repérage et la fonction de tels mécanismes, qui ne sont pas toujours identifiés, du fait même de leur origine qui exclue toute capacité de verbalisation de la part des victimes, mais qui nécessitent cependant des proposition soins appropriées.

  • Titre traduit

    An evolutionary study of peritraumatic dissociation among victims confronted with the real of death during terrorist attacks


  • Résumé

    This research studied the psychological evolution of nine direct victims of the terrorist attacks that struck Paris in 2015 and whose symptoms were, at first glance, atypical, or even non-existent. While the symptomatologies of post-traumatic stress disorder are commonly recognised, both by carers and legal bodies involved in physical injury compensation, peri and post-traumatic dissociative disorders, when they are identified, are never perceived as anything other than periods of latency, predicting future severe post-traumatic stress disorder.The psychological evolution of the nine direct victims lacking apparent typical symptoms was thus studied based on the content of clinical interviews carried out three months and eighteen months after the attacks, backed by two assessments using the PCLS rating scale for post-traumatic stress disorder. This study has enabled us to show that with some subjects the confrontation with the real of death occurred in such violence that it triggered archaic defence mechanisms, such as denial of the dread as described by Lebigot (2005) then splitting, and not the typical presentations of post-traumatic stress disorder. With two-thirds of the subjects, it was shown that reassociation through language and a return to the process of symbolisation were still possible, without a pathologic breakdown, by respecting a slow progression towards the formulation of the trauma as part of continuous and substantiated therapeutic relationships. However, with one third of subjects the permanence of such clinical presentations, i.e. asymptomatic for two of them or characterised by dissociative amnesia for one of them, made it impossible to determine the adaptive and non-pathological character of such dissociative mechanisms. Nevertheless, the combined results show there is a need to learn more about the meaning, identification and function of these mechanisms which are not always identified, precisely because of their cause which excludes all ability on the part of victims to express themselves, but which nonetheless require that appropriate treatment be offered.


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Informations

  • Sous le titre : Etude évolutive de la dissociation péri-traumatique chez des victimes confrontées au Réel de la mort dans le cadre d'actes terroristes
  • Détails : 1 vol. (223 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 185-190
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