Facteurs de risque et prise en charge de l'épilepsie au Liban : Enquête auprès de la population Libanaise à Beyrouth

par Lara Mroueh

Thèse de doctorat en Santé publique / Epidémiologie

Soutenue le 09-12-2019

à Limoges en cotutelle avec l'Université libanaise , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences Biologiques et Santé (Limoges) , en partenariat avec Neuroépidémiologie Tropicale (laboratoire) .

Le président du jury était Najib Kissani.

Le jury était composé de Farid Boumediene, Athanase Millogo, Sahar Farhat.

Les rapporteurs étaient Najib Kissani, Mary Deeb.


  • Résumé

    L’épilepsie reste un problème mondial de santé publique. Au Liban, un manque de données épidémiologiques sur cette maladie reste le problème majeur contre la mise en oeuvre des interventions.L’objectif de cette étude était d’améliorer les connaissances sur les déterminants de l’épilepsie, la prise en charge médicamenteuse et la qualité de vie des personnes vivant avec l’épilepsie au Liban. Les objectifs de recherche étaient d’identifier les facteurs associésà l’épilepsie dans la population Libanaise, d’évaluer l’adéquation des molécules prescrites avec les recommandations internationales, d’identifier et de décrire les problèmes liés aux médicaments antiépileptiques, d’évaluer les attitudes face au traitement antiépileptique,d’identifier les facteurs associés aux mauvaises attitudes et au mauvais contrôle de l’épilepsie, d’évaluer la qualité de vie et le stigma des personnes épileptiques et d’identifier les facteurs associés à ces deux paramètres.Une étude cas-témoins a été réalisée pour l’identification des facteurs associés à l’épilepsie. Pour les questions d’évaluation du traitement, d’attitudes, de la qualité de vie et du stigma, des études transversales ont été réalisées, au niveau de Beyrouth et ses banlieues. Unquestionnaire standardisé a été utilisé pour la collecte des données de toutes les personnes vivant avec l’épilepsie recrutées, à partir des différents types de structures de santé où les neurologues pouvaient être présents.Les tumeurs cérébrales (OR=4,8; 95%IC:1,9-11,7; p=0,001), les accidents vasculaires cérébraux (OR=4,4; 95%IC:2,4-8,1; p<0,001), la méningite (OR=2,7; 95%IC:1,1-6,6; p=0,03), les traumatismes crâniens (OR=2,3; 95%IC:1,6-3,2; p<0,001), l’accouchement par césarienne (OR=2,0; 95%IC:1,3-3,1; p=0,002), la consanguinité (OR=1,6; 95%IC:1,1-2,3; p=0,008) et la dépression (OR=1,51; 95%IC:1,05-2,19; p=0,03) étaient parmi les facteurs associés à l’épilepsie. Au total, 5,9% des prescriptions des antiépileptiques n’étaient pas conformes aux recommandations, 50% de la population présentaient des interactions médicamenteuses et 51% présentaient des effets indésirables liés aux antiépileptiques. Près de 32,4% des personnes épileptiques avaient des attitudes favorables face à la prise des antiépileptiques. La dépression (OR=0,4; 95%IC 0,2-0,9; p=0,04) et le lourd fardeau économique (OR=0,2; 95%IC 0,1-0,4; p<0,001) étaient les principaux facteurs limitant ces attitudes favorables. Les personnes vivant avec l’épilepsie présentaient globalement une bonne qualité de vie, mais étaient assez stigmatisées (47,8%). La dépression, l’apparition des effets indésirables, la polymédication et la stigmatisation étaient associés à une mauvaise qualité de vie des personnes épileptiques.Des comportements préventifs devraient être pratiqués auprès des facteurs évitables associés à l’épilepsie. La prescription des médicaments génériques à bas prix, l’adaptation des schémas thérapeutiques simples, la prise en compte les différentes maladies présentes et l’explication aux patients la posologie du traitement ainsi que les effets indésirables possibles, sont des démarches à adopter qui visent à améliorer les attitudes et la qualité de vie des patients. Des formations éducatives pour les personnes épileptiques constitueraient une amélioration de leurs connaissances sur la maladie et le traitement.

  • Titre traduit

    Risk factors and management of epilepsy in Lebanon


  • Résumé

    Epilepsy remains a global public health problem. In Lebanon, a lack of epidemiological data on this disease remains the major problem against the implementation of interventions.The objective of this study was to improve knowledge on the determinants of epilepsy, drug management and quality of life for people living with epilepsy in Lebanon. The research objectives were to identify the factors associated with epilepsy in the Lebanese population, to assess the adequacy of the prescribed molecules with international recommendations, to identify and describe the problems related to antiepileptic drugs and, to evaluate attitudes towards antiepileptic treatment by identifying factors associated with poor attitudes and poor control of epilepsy, assessing the quality of life and stigma of epileptic persons and identifying the factors associated with these two parameters.A case-control study was conducted to identify factors associated with epilepsy at the level of Beirut and its suburbs. For questions of evaluation of treatment choice, attitudes, quality of life and stigma, cross-sectional studies were conducted with people of epilepsy recruited for a case-control study. A standardized questionnaire was used to collect data from all persons living with epilepsy recruited, from the different types of health structures where neurologists could be present.Brain tumors (OR = 4.8, 95% CI: 1.9-11.7, p = 0.001), strokes (OR = 4.4, 95% CI: 2.4-8.1; p <0.001), meningitis (OR = 2.7, 95% CI: 1.1-6.6, p = 0.03), head trauma (OR = 2.3, 95% CI 1.6 -3.2, p <0.001), cesarean delivery (OR = 2.0, 95% CI: 1.3-3.1, p = 0.002), inbreeding (OR = 1.6, 95% CI: 1.1-2.3, p = 0.008) and depression (OR = 1.51, 95% CI: 1.05-2.19, p = 0.03) were among the factors associated with epilepsy. About 5.9% of prescriptions for antiepileptics were not compliant with the recommendations, 50% of the population presented drug interactions and 51% had side effects related to antiepileptic drugs. Nearly 32.4% of people with epilepsy had favorable attitudes about taking antiepileptic drugs. Depression (OR = 0.4, 95% CI 0.2-0.9, p = 0.04), and the heavy economic burden (OR = 0.2, 95% CI 0.1-0.4; <0.001) were the main factors limiting these favorable attitudes. In general, people living with epilepsy had a good quality of life, but were highly stigmatized (47.8%). Depression, onset of adverse effects, polypharmacy and stigma were associated with a low quality of life of people with epilepsy.Preventive behaviors should be practiced for avoidable factors associated with epilepsy. Prescription of generic drugs at low prices, adaptation of simple treatment regimens, considering comorbidities and explanation to the patients of the dosage of the treatment as well as the possible undesirable effects, are steps to adopt in order to improve the attitudes and quality of life of patients. Educational training for people with epilepsy could improve their knowledge of the disease and treatment.



Le texte intégral de cette thèse sera accessible librement à partir du 09-12-2020

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