La crise environnementale : critique historique et philosophique des notions de conscience écologique et de rationalité instrumentale

par David Samson

Thèse de doctorat en Philosophie et sciences sociales

Sous la direction de Paolo Napoli.

Le président du jury était Catherine Larrère.

Le jury était composé de Catherine Larrère, Saverio Ansaldi, Pierre-Benoît Joly, Christine Noiville.

Les rapporteurs étaient Catherine Larrère, Saverio Ansaldi.


  • Résumé

    En partant de la « crise environnementale », ce travail empirique et théorique interroge deux notions qui structurent les études environnementales et la philosophie de la technique : la « conscience écologique » et la « rationalité instrumentale ». Il met en œuvre une réflexion sur les rapports entre philosophie et sciences sociales et sur l’interdisciplinarité qui caractériseraient tant la « postmodernité » que le « règne de la technique ». Pour ce faire, il s’appuie sur des sources diverses (juridiques, politiques, médiatiques et académiques) et plusieurs expériences d’observation participante de dispositifs de démocratie participative (notamment au Haut Conseil des Biotechnologies).En prolongeant la critique du paradigme d’une « Modernité réflexive », la première partie analyse la problématisation de l’ « environnement » en France (1870-1945) et en Allemagne (1900-1945). Cette généalogie de la gouvernementalité environnementale et de l’expertise conduit à interroger l’opposition entre « anthropocentrisme » et « biocentrisme » et à reconceptualiser l’idée d’une « prise de conscience environnementale ». Nous concevrons plutôt l’ « environnement » comme un agencement composite, variable, hétérogène et potentiellement contradictoire.Dès lors, nous substituons au triangle conceptuel « technique-environnement-Modernité » un losange « technique-environnement-Modernité-nazisme ». Outre le rôle de la technique dans l’Holocauste et le statut d’Heidegger, le nazisme conduit en effet à s’interroger sur l’équivocité des appels à vivre « en harmonie » avec la nature et à « maîtriser la technique » et sur l’idée qu’on pourrait déterminer un « rapport occidental à la nature ».Dans notre seconde partie, le commentaire d’Heidegger puis de l’école de Francfort permet d’analyser la notion de « rationalité instrumentale » et l’idée selon laquelle l’anthropocentrisme serait la cause de la crise environnementale. En faisant appel tant à l’histoire de la philosophie qu’à la problématisation de cas historiques et juridiques, nous analysons ainsi des problèmes communs à la critique de la technique et à l’éthique environnementale, dont celui de « conversion écologique » ou d’indétermination des techniques. Nous y traiterons en particulier du projet de démocratie technique et environnementale et de ses limites. Il s’agit de penser autrement notre rapport à l’environnement, aux techniques et aux sciences, mais aussi la manière dont le droit et la politique les régulent et peuvent faire face à la crise environnementale.

  • Titre traduit

    The Environmental Crisis : Historical and Philosophical Critic of the Concepts of Ecological Consciousness and Instrumental Rationality


  • Résumé

    This theoretical and empirical work aims to question two concepts which structure environmental studies and philosophy of technology: “ecological consciousness” (or “environmental awareness”) and “instrumental rationality”. In itself, it is also a reflexion on the relations between philosophy and social sciences and on transdisciplinarity, often considered as a central trait of “postmodernity” and of the “rule of technology”. In order to do so, il uses various sources (legal, political, mediatics and academics) and several experiences of participant observation to participative democracy apparatuses (in particular at the French High Council of Biotechnologies).By furthering the criticism of the “reflexive Modernity” paradigm, the first part analyzes the problematization of the “environment” in France (1870-1945) and in Germany (1900-1945). The genealogy of environmental governability and of expertise leads to question the opposition between “anthropocentrism” and “biocentrism” and to reconceptualize the idea of a sudden “environmental awareness”. We will rather conceptualize the “environment” as a composite, variable, heterogene and potentially contradictory agencement.This will also lead us to substitue to the conceptual triangle “Technology-Environment-Modernity” a four terms diamond, “Technology-Environment-Modernity-Nazism”. Notwithstanding the role of technology in the Holocaust and Heidegger’s particular status, the analysis of nazism leads us to question the equivocity of calls to live “in harmony with nature” and to “control technology” as well as the idea that we could identify an “occidental relation to nature”.In our second part, the commentary of Heidegger and of the Frankfurt School allows us to analyze the notion of “instrumental rationality” and the idea that anthrpocentrism would be the cause of the environmental crisis. Calling on history of philosophy as well as on the problematization of historical and legal cases, we will henceforth analyze common problems to the critique of technology and environmental ethics, in particular the notions of an “ecological conversion” and of the indermination of technology . We will in particular treat of the project of a technical and environmental democracy and of its limits. The main aim of this work is henceforth to think differently the environment, technology and sciences, but also law and politics which aims to regulate them and thus confront the environmental crisis.


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