La génération des centres culturels (Munhwawon sedae) et la nouvelle vague du cinéma sud-coréen des années 1980-1990

par Sora Hong

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Alain Delissen.

Le président du jury était Giusy Pisano.

Le jury était composé de Giusy Pisano, Laurent Creton, Marie-Orange Rivé-Lasan, Léo Souillès-Debats, Stéphane Thevenet.

Les rapporteurs étaient Giusy Pisano, Laurent Creton.


  • Résumé

    Depuis les années 1980, la Corée du Sud a observé un processus de légitimation culturelle du cinéma. En prenant appui sur ce phénomène, cette thèse attire l’attention sur le rôle des cinéphiles regroupés sous l’expression, « Munhwawon sedae » : la génération des centres culturels. Dans cette thèse, nous la définissons comme un réseau social de cinéphiles sud-coréens qui émerge à partir de la fréquentation des centres culturels européens à Séoul sur une période qui s’étend entre 1977 et 1984. Notre analyse de ce réseau s’appuie sur une méthode prosopographique permettant d’apprécier les rapports entre individus et institutions, et en particulier la trajectoire et les différents discours portant sur le 7e art de la Munhwawon sedae. Cette trajectoire est nourrie par un type intellectuel de cinéphilie en provenance de l’Europe, notamment de la France et de l’Allemagne, mais aussi plus localement, par les théories portées par le mouvement culturel pour le « minjung » (peuple). Les discours produits sur ce nouveau cinéma sud-coréen se situent donc, à la frontière entre l’art et la politique, celle-ci étant pensée comme un contrepoids à un système politique jugé corrompu. Cependant, avec l’effervescence du mouvement pour la démocratisation du pays, la résistance contre le régime autoritaire prend alors plus d’importance que le 7e art en tant que tel. Il faut attendre l’apaisement du mouvement social dû à certains processus de démocratisation politique pour qu’un équilibre se dessine entre l’ambition esthétique et l’ambition politique de la Munhwawon sedae. Son engagement pour l’évolution du cinéma sud-coréen constitue une réelle initiative dans le champ cinématographique du pays. Dès lors, les « membres » de la Munhwawon sedae qui, autrefois n’avaient été que simples spectateurs, diffusent leur cinéphilie en tant que réalisateurs, producteurs, critiques et professeurs de cinéma. Dans l’ensemble, notre thèse s’attache à montrer comment, au milieu des années 1990, la Munhwawon sedae a marqué la fin de « l’âge sombre » du cinéma sud-coréen. En se positionnant de cette manière, au cœur d’une nouvelle vague artistique et politique, elle a contribué à établir une nouvelle élite culturelle sud-coréenne. La Munhwawon sedae était donc à la fois la première bénéficiaire des changements de contexte social autour du cinéma en Corée du Sud et la facilitatrice de la légitimation culturelle du cinéma sud-coréen.

  • Titre traduit

    The generation of cultural centers (Munhwawon sedae) and the new wave of South Korean cinema in the 1980s and 1990s


  • Résumé

    A process of cultural legitimation of the cinema has occurred in South Korea since the 1980s. This thesis focuses on the role that cinephiles grouped under the expression of the Munhwawon sedae, the generation of cultural centers, have played in this process. Accordingly, I analyze this notion, understood as a social network of South Korean cinephiles who emerged as a result of frequenting European countries’ cultural centers in Seoul between 1977 and 1984. The analysis is based on a prosopographic method to understand the relationships between individuals and institutions, particularly the trajectory and various discourses on the Seventh Art of the Munhwawon sedae. As I demonstrate, this trajectory is nourished not only by an intellectual type of European cinephilia but also, more locally, by theories of cultural movement for the minjung (people). The discourses produced on the “South Korean new cinema” therefore exist on the border between art and politics. The latter side was seen as a counterweight to an absurd political system. Thus, I strive to show how the political objective has progressively taken precedence over the artistic objective with the effervescence of the movement for the democratization of the country: the resistance against the presumed incoherence of society then becomes more important than the pursuit of the Seventh Art. Until the end of the political democratization process of the country, a balance is drawn between the aesthetic and political ambition of the Munhwawon sedae. The engagement of these cinephiles within the evolution of the South Korean cinema constitutes a new initiative in the field. Now, the “members” of the Munhwawon sedae, who once were movie fans frequenting European countries’ cultural centers, have spread their cinephilia as directors, producers, critics, and film educators. Overall, this thesis focuses on how, in the mid-1990s, the Munhwawon sedae announced an end to the dark age of South Korean cinema. By positioning itself in this way, literally at the heart of this artistic and political new wave, the Munhwawon sedae formed as the new cultural elite of South Korean society.


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