Cine comunitario y soberanía visual entre los Qom (Tobas) del Chaco argentino

par Carolina Soler

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Jean-Paul Colleyn et de Florencia Carmen Tola.

Le président du jury était Christophe Giudicelli.

Le jury était composé de Jean-Paul Colleyn, Florencia Carmen Tola, Christophe Giudicelli, Carlos Masotta.

  • Titre traduit

    Cinéma communautaire et souveraineté visuelle chez les Qom (Tobas) du Chaco argentin


  • Résumé

    À partir de l’année 2008, divers agents de l’État Provincial du Chaco (Argentine) ont mis en place des initiatives vouées à la formation et à la diffusion cinématographiques au sein des populations indigènes de la région. Pour l’occasion, un espace spécifique de cinéma indigène fut créé au sein du Département de Cinéma et Espace Audiovisuel de l’Institut de Culture du Chaco récemment fondé. Partant de notre travail ethnographique sur le terrain, cette thèse prétend d’enquêter et analyser à la fois le surgissement de ce genre de cinéma et nos expériences d’enseignement cinématographique parmi les Qom. Mobiliser le concept de souveraineté visuelle développé par Michelle Raheja (2010) nous a permis de relever un positionnement politique défini dans ces premières expériences de cinéma indigène menées dans le Chaco. Nous révélons de quelle manière cette notion est mise à l’épreuve quand le public hégémonique remet en question l’indigénéité de certaines productions audiovisuelles ou quand ces représentations vidéo sont rejetées par la communauté elle-même. Nous présentons également la notion du cinéma comme médiation —ou cinéma médium—, un cinéma réalisé en communauté dans lequel l’individualité s’estompe généralement et le rôle de l’auteur opère à travers de consensus sociaux singuliers qui impliquent, outre des tensions, la redéfinition des rôles et des stratégies de réalisation. Au-delà du processus même de réalisation d’un film, ce concept traverse également les liens unissant les jeunes réalisateurs et les adultes qui les habilitent, les êtres humains et non-humains, le passé et le présent, le local et le global. Nous avons analysé comment, dans certains cas, la médiation s’élabore à partir d’éléments et d’esthétiques étrangères aux contextes locaux et indigènes, produisant des agentivités innovants. Dans d’autres cas, la médiation se déplace vers l’ontologie même du film et ses affectations. Ceci qui nous a permis d’examiner à quel point le registre audiovisuel opère sur le passage du temps, en fixant l’évanescent et l’éphémère et réinscrivant dans le présent les êtres et les objets ayant sombré dans le passé. Finalement, nous proposons de concevoir le cinéma indigène comme un cinéma inversé qui puisse présenter les épistèmes indigènes sans avoir à relever les impositions des regards hégémoniques.

  • Titre traduit

    Community cinema and visual sovereignty among Qom (Toba) people from Grand Chaco


  • Résumé

    Since the year 2008, different agents linked to the provincial state of Chaco (Argentine Republic) generated teaching and dissemination initiatives of the cinema among their indigenous populations, and, consequently, a specific area of indigenous cinema was created within the recently founded Instituto de Cultura del Chaco, within the framework of the Departamento de Cine y Espacio Audiovisual. After a multisite ethnographic fieldwork among the Qom (Toba) peoples of the Argentinian Chaco, this thesis aims to investigate the emergence of this cinema, as well as the experiences of film education carried out by the author herself. The concept of visual sovereignty proposed by Michelle Raheja (2010) is taken, which defines a political position found in the first indigenous film experiences developed in the Chaco. It shows how this notion is put into tension when the indigeneity of some audiovisual productions is put in doubt by a hegemonic audience or, even when the representations recorded in video are rejected by members of the community itself. It also presents the notion of cinema as mediation -—cine medium—, carried out communally, in which the first person generally blurs, and the authorship operates through singular social consensus that implies, in addition to tensions, the redefinition of roles and the posing of new filmmaking strategies. Beyond the process of making a film, this notion crosses the relationships between the young filmmakers and the adults who enable them, between non-human beings and human beings, between the past and the present, between the local and the global. In some cases, it is analyzed how mediation occurs with foreign elements and aesthetics within local and indigenous contexts and generates novel agency; On the other hand, the notion of mediation moves towards the ontology of the film and its affectations, and it is investigated how the audiovisual record operates over the trace of time — fix the ephemeral and evanescent and transcend death to beings and objects, to bring them to the present—. Finally, the conception of indigenous cinema is proposed as a reverse cinema that can present indigenous epistemes, that is not forced to respond to hegemonic views.


  • Résumé

    A partir del año 2008, distintos agentes vinculados al Estado provincial del Chaco (República Argentina) generaron iniciativas de enseñanza y difusión del cine entre sus poblaciones indígenas, y, consecuentemente, se creó un espacio específico de cine indígena dentro del recién fundado Instituto de Cultura del Chaco, en el marco del Departamento de Cine y Espacio Audiovisual. Tras un trabajo de campo etnográfico multisituado entre los qom (tobas) del Chaco argentino, esta tesis se propone indagar sobre el surgimiento de este cine, así como también sobre las experiencias de enseñanza de cine llevadas a cabo por la propia autora. Se toma el concepto soberanía visual propuesto por Michelle Raheja (2010), que define un posicionamiento político hallable en las primeras experiencias de cine indígena desarrolladas en el Chaco. Se muestra como esta noción se pone en tensión cuando la indigeneidad de algunas producciones audiovisuales es puesta en duda por un público hegemónico o, incluso, cuando las representaciones registradas en video son rechazadas por miembros de la propia comunidad. Se presenta también la noción de cine como mediación —cine médium—, realizado comunitariamente, en el que la primera persona generalmente se desdibuja y la cuestión autoral opera través de singulares consensos sociales que implican, además de tensiones, la redefinición de los roles y el planteo de nuevas estrategias realizativas. Más allá del proceso de realización de una película, esta noción atraviesa las relaciones entre los jóvenes realizadores y los adultos que los habilitan, entre los seres no humanos y los humanos, entre el pasado y el presente, entre lo local y lo global. En algunos casos se analiza cómo la mediación se da con los elementos y las estéticas foráneas dentro de contextos locales e indígenas y genera novedosos agenciamientos; por otro lado, la noción de mediación se desplaza hacia la ontología del filme y sus afectaciones, y se indaga cómo el registro audiovisual opera sobre el paso del tiempo —fija lo efímero y lo evanescente y hace trascender de la muerte a los seres y los objetos, para traerlos al presente—. Finalmente, se propone la concepción del cine indígena como un cine reverso que pueda presentar las epistemes indígenas, que no se vea obligado a responder a las miradas hegemónicas.


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