Défendre la terre. Scientifiques critiques et mobilisations environnementales des années 1940 aux années 1970

par Céline Pessis

Thèse de doctorat en Histoire (Option : Histoire des sciences)

Sous la direction de Isabelle Sourbès-Verger.


  • Résumé

    A la croisée de l'histoire des sciences et des techniques, de l'histoire environnementale et de l'histoire des mouvements sociaux, cette thèse se propose d'explorer et de faire ressurgir dans divers champs de science (mathématiques, agronomie et sciences naturelles principalement) des voix contestataires à l'industrialisation d'une France encore largement rurale. Elle étudie les économies morales, les cultures épistémiques et les programmes alternatifs de recherche portés par ces scientifiques critiques, ainsi que les mouvements sociaux pour ou par lesquels ils parviennent à se constituer en ressources critiques.Cette recherche interroge le travail cognitif et normatif de scientifiques pour constituer la terre(en tant que milieu biologique, espace cultivé, planète habitable ; ancrage matériel des paysanneries et condition première de l'existence humaine) en objet à défendre durant la période dite des « Trente Glorieuses », qui voit se structurer un nouveau régime de production des savoirs et des artefacts techno scientifiques sous l'égide d'un État modernisateur. A travers l'étude de trois types de critiques (des tracteurs, de l'épuisement des sols, et de la menace globale de destruction de la planète), la thèse met au jour un certains nombre d’alertes, de savoirs, de controverses et de luttes socio-environnementale. Elle s'inscrit là dans une historiographie récente qui revisite le mythe d'une modernisation heureuse et consensuelle, inattentive aux nuisances qu'elle génère.

  • Titre traduit

    Defend the earth. Critical scientists and environmental mobilizations from the 1940s to the 1970s


  • Résumé

    At the crossroads of the history of science and technology, environmental history and thehistory of social movements, this thesis aims to make voices voices against the industrialization ofstill largely rural France heard again, in various fields of science (mainly mathematics, agronomyand natural sciences). I analyse the moral economies, epistemic cultures and alternative researchprogrammes carried out by these critical scientists, as well as the social movements for or throughwhich they manage to constitute themselves as critical resources.This research documents the cognitive and normative work of scientists aimed at constitutingthe earth as an object to be defended during the so-called "Thirty Glorious Years" period (that is, asa biological environment, a cultivated space, a habitable planet; the material anchoring of ruralsocieties and the basic condition of human existence), in the face of a dominant regime of‘modernization’ and of production of technoscientific knowledge under the aegis of a modernizingState. Through the study of three types of issues (tractors, soil depletion, and the threat of globaldestruction of the planet), this thesis shed light on a set of socio-environmental warnings,knowledge, controversies and strugles. It therefore adds to a new historiographic perspective thatrevisits the myth of a happy and consensual modernization, paying little attention to the damages itgenerated.



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