Du consentement en recherche clinique : approche philosophique des enjeux éthiques et déontologiques

par Margaux Illy

Thèse de doctorat en Pathologie humaine. Ethique

Sous la direction de Pierre Le Coz et de Jean-Louis Mège.


  • Résumé

    Le consentement à la recherche clinique est une idée nouvelle concernant une pratique ancienne. Dès ses premières heures, l’expérimentation humaine témoigne d’une propension sacrificielle qui a durablement jeté la suspicion sur la recherche biomédicale. Le procès de Nuremberg marque une rupture juridique et symbolique majeure qui inaugure l’éthique médicale moderne, centrée sur le respect de l’autonomie des personnes. Bien que l’arsenal juridique se soit consolidé en vue de rendre la recherche indépendante et impartiale, des questions philosophiques relatives au consentement continuent à se poser. Pour contribuer à leur élucidation, nous avons mené une enquête qualitative auprès de volontaires malades. Leurs récits révèlent les paradoxes d’une liberté sous influence, les difficultés de l’information et l’importance de la confiance mutuelle. La doctrine paternaliste, sous couvert de bienfaisance, a longtemps conféré au praticien une forme de suprématie douteuse où la « confiance » (régressive) du patient était censée dispenser le médecin de lui demander un consentement libre et éclairé. Elle est aujourd’hui un état d’esprit du patient fondée sur la transparence et l’intégrité du médecin-chercheur. Nous avons alors interrogé des professionnels concernant leur rôle dans le processus de consentement, ainsi que leur rapport personnel à la déontologie. Cette étude fait apparaitre un réel souci des investigateurs d’agir en accord avec leur conscience et avec un sens aigu de leur responsabilité morale, bien qu’étant également exposés à des influences diverses opacifiant leurs motivations et leur rapport à la liberté. Il en ressort un certain nombre d’apories philosophiques.

  • Titre traduit

    Consent in clinical research : philosophical approach of ethical and professional ethics issues


  • Résumé

    Consent to clinical research is a new idea about an old practice. From its earliest hours, human experimentation testifies to a sacrificial propensity that has durably cast suspicion on biomedical research. The Nuremberg trial marks a major juridical and legal breakthrough that inaugurates modern medical ethics, centered on respect for the autonomy of individuals. Although the legal arsenal has been strengthened to make research independent and impartial, philosophical questions about consent continue to arise. To contribute to their elucidation, we conducted a qualitative survey of sick volunteers. Their stories reveal the paradoxes of freedom under influence, the difficulties of information and the importance of mutual trust. Paternalistic doctrine, under the guise of beneficence, has long conferred on the practitioner a form of questionable supremacy in which the patient's (regressive) "trust" was supposed to dispense the physician from asking for free and informed consent. Today, trust is a patient state of mind based on the transparency and integrity of researchers. We then interviewed professionals about their role in the consent process, as well as their personal relationship to ethics. This study shows a real concern of the investigators to act in accordance with their conscience and with a keen sense of their moral responsibility, although they are also exposed to various influences opacifying their motivations and their relation to freedom. There emerges a number of philosophical aporias.

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