Les jardins domestiques, espaces de passage des insectes pollinisateurs et de leurs rencontres avec les habitant.e.s

par Marine Levé

Thèse de doctorat en Interdisciplinaire

Sous la direction de Anne-Caroline Prévot-Julliard.

Soutenue le 27-11-2018

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Frontières de l'innovation en recherche et éducation (Paris ; 2006-....) , en partenariat avec Université Paris Descartes (1970-2019) (établissement de préparation) et de Ecologie Systématique et Evolution / ESE (laboratoire) .

Le président du jury était Vincent Devictor.

Le jury était composé de Anne-Caroline Prévot-Julliard, Vincent Devictor, Bruno Colas, Mathilde Baude, Laurent Simon, Carmen Rosa Bessa Gomes.

Les rapporteurs étaient Vincent Devictor, Bruno Colas.


  • Résumé

    En France, plus de la moitié de la population se trouve en ville et ce chiffre croît. L'urbanisation change les opportunités de rencontre des habitant.e.s avec la nature, même si leur connaissance de la biodiversité est relativement bonne. L'urbanisation a également des effets, souvent négatifs, sur les populations des autres êtres vivants, dont les insectes pollinisateurs. Dans les milieux péri-urbains, un lieu de rencontre entre habitant.e.s et nature est le jardin privé. En écologie urbaine, les études sur les jardins domestiques se développent mais sont encore peu nombreuses. Cette thèse a cherché à montrer que les jardins sont intégrés dans un contexte paysager et sociétal plus large qui leur permet de jouer un rôle dans la conservation de la biodiversité, notamment celle des insectes pollinisateurs. J'ai pour cela travaillé à plusieurs échelles et mobilisé des cadres conceptuels et des outils de l'écologie, la géographie et la psychologie de la conservation, afin de caractériser différents aspects du socio-écosystème jardin. Je me suis d'abord placée à l'échelle de l'Île-de-France et ai montré que les jardins et zones denses en jardins sont des espaces favorables à la diversité en insectes pollinisateurs au sein d'une matrice urbaine. Par la suite, j'ai précisé les déterminants de la variété (diversité, type de culture, origine, rareté) des fleurs, ressources pour les insectes pollinisateurs dans les jardins : j'ai confirmé l'effet négatif de l'urbanisation, j'ai mis en évidence des effets variables de la structure des jardin et enfin je n'ai pas identifié de relation avec le degré de connexion à la nature des habitant.e.s. L'évolution des ressources se fait de fleurs spontanées et communes à plus cultivées et rares au fil de la saison. Je me suis aussi intéressée à deux actions de protection des pollinisateurs (participation au suivi photographique des insectes pollinisateurs et plantation de fleurs nectarifères) à l'échelle du jardin et j'ai montré l'importance de l'aspect expérientiel de ces actions pour motiver l'intention de réaliser le comportement. Enfin, une dernière partie prend en compte le vécu des habitant.e.s dans leur jardin et montre que habiter un jardin se fait sous la forme d'un réseau de relations plus ou moins dense englobant les éléments de nature : le jardin est un lieu de fleurissement mais aussi d'attention portée au vivant et parfois point de départ pour toucher d'autres lieux ou personnes, dans une perspective de conservation. Cette thèse offre des perspectives pour la prise en compte des expériences et contextes locaux dans la conservation de la biodiversité des insectes pollinisateurs. Une recommandation qui en découle est la nécessité d'un dialogue renouvelé entre les désigné.e.s expert.e.s de la conservation en milieu urbain et les habitant.e.s.

  • Titre traduit

    Domestic gardens as place pollinators go through and where they meet inhabitants


  • Résumé

    More than half of the French population is nowadays living inside cities and this figure is still increasing. The urbanization process changes the opportunities of encounters between inhabitants and nature, even if biodiversity knowledge is quite high. It also impacts other living beings, such as pollinators, often with negative consequences. The domestic gaden stands as a meeting place for inhabitants and nature in peri-urban areas. Studies focusing on domestic gardens in urban ecology are still scarce, even if their number are now increasing. This work aimed at showing that domestic gardens are integrated in a wider landscape and social context, which allow them to play a role in biodiversity conservation, especially pollinators conservation. In order to do this and characterize several aspects of this domestic garden socio-ecosystem, I chose several spatial scales of study and refered to several frameworks from different fields: ecology, geography and conservation psychology. I first studied the Île-de-France scale and showed that gardens and areas with high proportion of domestic gardens were favorable habitats for pollinators within the urban matrix. Then, I precised the nature of insects floral resources determinants (diversity, origine, rarity, type of growing) in gardens: I confirmed the urbanisation negative effect, I showed that garden structure had variable effects and I did not identify effects of inhabitants connexion with nature. Floral resources changed from spontaneous and common flowers at the begining of the season to more cultivated and rarer flowers along the season. I also focused on two pollinator protection behaviors (participation to a citizen science program and growing of pollinator friendly flowers) at the garden scale and showed the importance of experiential aspects in the behavior motivations. Finally, a last chapter took into account inhabitants' life in the garden and showed that inhabiting a garden meant being part of a network of relations with variable density and variable incorporation of nature elements. Gardens are places of flowering but also of attention for living beings and sometimes are starting places from which other people or places are integrated in a conservation perspective. This work gave thoughs for taking into account local experiences and contexts in pollinators biodiversity conservation. One of the possible recommendations dealt with the necessity of a renewed discussion between stated experts of conservation in urban areas and inhabitants.

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