Thèse soutenue

Le coup d’État en Thaïlande : causes, conséquences et effets juridiques d’une pathologie politique

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Auteur / Autrice : Wissarut Kiddee
Direction : Florence Crouzatier-Durand
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance le 03/10/2018
Etablissement(s) : Toulouse 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit et Science Politique (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut Maurice Hauriou (Toulouse)

Mots clés

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Résumé

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Depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932, le royaume a connu des situations politiques variées : les activités « contre-révolutionnaires » des royalistes ; l’arrivée au pouvoir des militaires ; l’émergence de nouvelles classes politiques ; les massacres de civils ; les compromis entre les militaires, les royalistes et les progressistes ; l’incertitude sur l’avenir du royaume et de la couronne... L’échec de la transition démocratique thaïlandaise est expliqué généralement par un argument convenu : l’immaturité de la société thaïlandaise ; la démocratie libérale de type occidental ne serait pas appropriée pour le pays, notamment pour des « pauvres ruraux ignorants » ; l’armée est le seul acteur capable d’encadrer le développement d’une démocratie. Pourtant, cette étude présente une explication alternative ; elle démontre que la vie politique du royaume est déterminée par trois axes du pouvoir : les élites traditionnelles, dont la monarchie, l’armée et la haute fonction publique ; c’est cette situation qui explique l’échec du progrès démocratique. Et le coup d’État est la méthode préférée pour protéger le statu quo ; quant à la constitution thaïlandaise est semblable à une « lettre morte » ou à un « instrument de la politique au quotidien » ; elle ne représente plus la norme suprême qui exprime l’idéologie politique du pays ; au contraire, elle est utilisée non seulement pour légitimer a posteriori un coup d’État, mais également pour défendre la domination politique des groupes dominants. Nous pouvons donc conclure que le coup d’État thaïlandais est déclenché par l’armée royale avec l’appui de la monarchie et son réseau de conseillers ; puis, il est justifié par le roi et le judiciaire, en assurant l’impunité de ses auteurs par les lois et la constitution.