Fragments d'une déposition

par Claire Chesnier

Thèse de doctorat en Arts et Sciences de l’art. Arts plastiques

Sous la direction de Richard Conte.

Soutenue le 24-03-2018

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Arts plastiques, esthétique et sciences de l'art (Paris) , en partenariat avec Institut ACTE (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Sandrine Ferret.

Le jury était composé de Richard Conte, Pierre Wat.

Les rapporteurs étaient Erik Verhagen, Claire Lahuerta.


  • Résumé

    Cet écrit traverse l'encre de la peinture par la sienne propre. Elle a ce corps en partage, à la fois fraternel et inconciliable. L'encre de l'écrit a voulu ici se frayer un chemin de liquidité dans la peinture, donnant à son mouvement l'ébranlement de la couleur, qui est un geste de la matière elle-même. Mon geste, lui, bu par le papier et retiré dans des plis de vagues, opère un glissement jusqu'au blanc d'une page sur la table qui se déploie jusqu'à cet objet singulier qu'est la thèse en arts. De fait, comme la peinture accompagne dans son sillage d'ombres le questionnement d'un regard, son itinéraire sans tracé, l'écrit depuis la peinture, se retourne sur son propre objet — d'une encre à l'autre. La construction d'une parole en prise avec une errance d'atelier est délicate. Elle mêle son corps résonant d'images à celui des mots des poètes, travaillant un langage inconnu au creux de l'impasse même que constituent les mots, la prise de parole. La voix du peintre est la seule que je connaisse. Elle est issue de l'abandon et du dessaisissement à l’œuvre. Elle engage la pensée dans le faire, au milieu d'une déposition qui est celle, multiple, d'un corps d'encre, d'une peinture en éclat, d'un geste et sa dépose, d'une voix et de ses fragments. La déposition appelle le sol. C'est bien de ce sol dont il est question tout au long de cet écrit. Un fondement, comme fondation mais aussi comme ce qui fond sous les pas. Liquide, fluide, mouvante. Une déprise qui est aussi un ancrage, une attache qui est aussi un débord.

  • Titre traduit

    Fragments of a deposition


  • Résumé

    This writing goes through the ink of painting through its own. It has this body to share, both fraternal and irreconcilable. Here the ink of writing sought to pave a liquid way in painting, giving to its movement the trembling of color, which is a gesture of matter itself. As for my gesture, drunk by the paper and withdrawn in folds of waves, operates a drift to the white of a page on the table, that unfolds to this singular object that is the thesis in fine arts. In fact, as painting accompanies in its shadowy wake the questioning of a gaze, its course without outline, writing from painting, turns on its own object - from one ink to another. The construction of a discourse in touch with the wandering of the studio is delicate. It merges its body resonant with images with that of words from poets, working an unknown language in the very core of the impasse that constitutes words, access to speech. The painter's voice is the only one I know. It is the result of the abandonment and divestment at work. It engages thought in making, in the midst of a deposition which is, multiple, that of a body of ink, of a radiant painting, of a gesture and its removal, of a voice and its fragments. Deposition calls for the ground. It is that very ground that is being discussed throughout this writing. A grounding, as foundation but also as what melts under the steps. Liquid, fluid, moving. A release that is also an anchor, a tie that is also an overflow.

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