La Confédération Générale des Vignerons (du Midi) de sa création à sa fin. Un siècle de syndicalisme viticole (1907-1997). : un siècle de syndicalisme viticole (1907-1997).

par Jacques Lauze

Thèse de doctorat en Histoire, spécialité Histoire contemporaine

Sous la direction de Geneviève Gavignaud fontaine.

Soutenue le 07-12-2018

à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (laboratoire) et de EA 4424 / CRISES (laboratoire) .

Le président du jury était Marguerite Figeac-Monthus.

Le jury était composé de Geneviève Gavignaud fontaine, Olivier Jacquet.

Les rapporteurs étaient William Genieys, Gilbert Larguier.


  • Résumé

    Résumé.La CGV, Confédération reliant cinq syndicats viticoles languedociens a été créée en 1907 pour agir en tant qu’institution de l’interaction en réponse à la crise méridionale par la défense du vin naturel en utilisant le moyen de la poursuite et de la répression des fraudes. Cette création en tension, dans le corps et dans le processus d’interaction, a été suivie de plusieurs séquences, réussite-résistance-déclin-extinction s’articulant chacune à partir de singularités dont l’étude n’avait à ce jour, jamais été exhaustivement menée. Il s’agissait d’observer comment cette histoire s’est écrite en termes d’unité, de puissance et de cohérence pour l’organisation, puis en termes d’interactions entretenues avec d’autres centres de pouvoir et particulièrement les pouvoirs publics nationaux, puis européens.Cette observation a pu s’appuyer à titre principal sur l’exploitation des archives de l’organisation déposées à Narbonne ainsi que sur d’autres fonds régionaux, nationaux et européens, sur celle de la presse régionale et nationale, généraliste et spécialisée et sur quelques entretiens avec des acteurs encore actifs durant la période d’observation.Les choix fondateurs de la CGV lui ont permis à la fois d’accéder à une hégémonie nationale institutionnellement reconnue et à l’intégration partielle de ses services par l’administration d’Etat. Cette reconnaissance, fondée sur des valeurs d’intérêt public unanimement partagées, est entrée en résonnance avec une puissance viticole régionale affirmée par le lien confédéral créé, devenue dominante dans la nation. Cette construction a atteint son apogée en 1922 avant d’amorcer une phase de déclin liée à la mise en œuvre de nouvelles priorités, à un affaiblissement interne de l’organisation et à l’évolution de la position de l’Etat souhaitant reprendre en main sa mission de service public. Ce retournement a été aggravé dès la fin du premier conflit mondial par des difficultés liées à la montée en puissance de nouvelles priorités concernant la régulation du marché (prix du vin, distillation et alcools, importations, fiscalité) puis son aménagement (solution à apporter au problème algérien). Ces difficultés, d’abord surmontées ont ensuite donné lieu à des situations de rupture qui ont finalement emporté la CGV. Restaurée entre 1930 et 1940 par la réussite du statut viticole, sa reconnaissance par les pouvoirs publics a d’abord été fortement altérée entre 1953 et 1956 par des orientations nationales qui se différenciaient des siennes et qui ont mis à mal son unité fondatrice et la solidité du lien confédéral. Après 1970, l’extension géographique du marché du vin à l’Europe et l’aggravation des tensions de la période précédente, transposées à une relation aux pouvoirs publics européens ont accéléré ce déclin. La CGVM, puissance viticole hégémonique en France, nationalement reconnue a progressivement reculé vers une situation de dépendance, aggravée après 1970 jusqu’à l’effacement. Cette histoire syndicale singulière s’est donc inscrite dans celle des rapports entretenus entre corps intermédiaires représentatifs et pouvoirs publics nationaux, puis européens. La CGV a d’abord bénéficié de l’intérêt qu’elle présentait en tant que puissance régionale et nationale représentative pour renforcer leur action, mais a ensuite été confrontée à un mouvement inverse d’affirmation autonome de leur mission de service public et de prise de décision guidées par une orientation capitaliste libérale en relation avec le poids de centres d’intérêts concurrents et antagonistes alors que sa représentativité s’affaiblissait jusqu’à l’extinction.

  • Titre traduit

    The General Confederation of wine growers (to the South) from its creation to its end. A century of wine unionism (1907-1997).


  • Résumé

    AbstractThe CGV, General Confederation for wine, is an organisation linking five Languedoc wine unions that was created in 1907 in order to act as an institution for interaction to answer the southern crisis with defending natural wine using prosecution and fraud repression. This creation being tense both in the interaction content and process, was followed by several sequences, success-resistance-decline-extinction, each articulated on the basis of singularities never comprehensively studied so far.It was about observing how this story was written in terms of unity, of power and consistency for the organisation, then in terms of interactions with other powerful centres and organisations and particularly national authorities, then European ones.This observation was primarily based on the exploitation of the archives of the organisation filed in Narbonne as well as on other regional, national and European funds, also based on the regional and national press, either general or specialised, and based finally on some interviews with still active players during the observation period.The founding choices of the CGV enabled this organisation both to reach an institutionally recognised national hegemony and a partial integration of its services by the state administration. This recognition, based on universally shared values of public interest, echoed with a regional wine-making power - a nationwide dominating organisation - stated by the creation of a confederate link. This construction reached its peak in 1922 before initiating a phase of decline linked to the implementation of new priorities, to an internal weakening of the organisation and to the evolution of the position of the State wishing to control back its public service mission.This reverse was aggravated by the end of the first world conflict by difficulties related to the rise of new priorities concerning market regulation (wine price, distillation and alcohol, imports, taxation) then its development (solution to be given to the Algerian problem). These difficulties, first overcome, and then gave rise to situations of break that finally ended the CGV.Restored between 1930 and 1940 by the success of the viticultural status, its recognition by the public authorities was first strongly altered between 1953 and 1956 by national orientations that differed from its own ones and that undermined the confederal bond founding unity and strength. After 1970, the geographical extension of the wine market to Europe and the worsening of the tensions of the previous period, transposed to a relation with the European public authorities accelerated that decline. The CGVM, hegemonic viticultural power in France, nationally recognised, gradually retreated into a situation of dependence, aggravated after 1970 and finally disappeared.This singular union history was therefore inscribed in the relationship maintained between representative intermediate bodies and national and European public authorities. The CGV first benefited from its interest as a representative regional and national power to strengthen their action, but was then confronted with a reverse movement of independent assertion of their public service mission and decision-making processes guided by a liberal capitalist orientation in relation to the weight of competing and antagonistic centres of interest while its representativity weakened to eventually end.


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