Géographie de la végétation aux environs de Paris : le cas de la Ceinture verte d’Île-de-France. Fragmentation paysagère, enjeux socio-environnementaux, (dé)constructions territoriales

par Fabien Roussel

Thèse de doctorat en Geographie

Sous la direction de Frédéric Alexandre.

Soutenue le 08-12-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Galilée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Centre de recherche Pléiade (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) (laboratoire) et de Université Paris 13 (Etablissement de préparation) .

Le président du jury était Marianne Cohen.

Le jury était composé de Laurent Simon, Anaïs Marshall.

Les rapporteurs étaient Monique Poulot, Marc Galochet.


  • Résumé

    Aux environs de Paris, entre le cœur d’agglomération et la couronne rurale, entre ville et campagne, s’étend un espace hybride où la part des espaces végétalisés – boisements, espaces agricoles, délaissés – est prépondérante mais fragmentée par les espaces bâtis. Le Conseil régional d’Île-de-France a cherché à mettre en valeur cet entre-deux au début des années 1980 au travers d’un projet de ceinture verte, outil d’aménagement conçu au cours du XXe siècle pour lutter contre l’étalement urbain. Faute de moyens, ne tranchant pas sur des limites précises, se chargeant de fonctions fluctuantes, la Ceinture verte est restée à l’état de projet flou. Dans le même temps, l’espace de la Ceinture verte n’a eu de cesse d’être investi par des attentes environnementales des citadins : quête d’un cadre de vie et de loisirs proches de la « nature », préoccupations en faveur de la biodiversité, recherche de services écosystémiques. Cette thèse montre le poids de ces attentes socio-environnementales sur la végétation, la territorialisation à laquelle elle participe ou la déterritorialisation dont elle est le symptôme, selon qu’elle est désirée ou délaissée. En observant les caractéristiques très anthropiques de la flore, cette thèse donne donc à voir la dimension sociale de la végétation en Ceinture verte, par-delà les velléités environnementales. Pour y parvenir, elle recourt à des méthodes géomatiques, d’analyse paysagère et de biogéographie (via des analyses statistiques multivariées de données botaniques originales), dans le cadre renouvelé d’une géographie environnementale qui participe indissociablement de la géographie physique et de la géographie humaine. En Ceinture verte, la question environnementale est d’abord un instrument de l’aménagement urbain contribuant à la qualité du cadre de vie au sein des espaces les plus favorisés (la vallée de Chevreuse est ici prise en exemple), et à la mise en ordre urbaine des espaces les moins bien intégrés à la métropole (la Plaine de Pierrelaye en est une illustration). Se construit ainsi à la périphérie de Paris une nature domestiquée, jardinée, urbanisée.

  • Titre traduit

    Vegetation geography in the surroundings of Paris : the case of the Île-de-France Green belt. Landscape fragmentation, socio-environmental issues, territorial (de)constructions


  • Résumé

    In the surroundings of Paris, between the urban heart and the rural outer ring, between the city and the countryside, lies an hybrid area mainly composed of vegetation spaces – woodland, cropland, spontaneous vegetation – which are fragmented by the urban sprawl. In the early 1980’s, the Île-de-France regional Council sought to protect those in-between spaces by promoting a Green belt. In the case of Paris, due to a lack of law support, confusions in the boundaries and evolving functions, the implementation of this planning tool, developed to contain urban sprawl along the 20th century, failed. Meanwhile, the area of the Green belt has never stopped gaining environmental attention from city dwellers. There, they especially seek a quality of life and leasures in « natural » landscapes, they are concerned about biodiversity preservation, they wish to benefit from ecosytem services. This thesis shows the impact of socio-environmental expectations on vegetation spaces by shaping or dismantling territories, depending on the attractiveness of the vegetation or its neglect. Hence, by highlighting the anthropogenic characteristics of plants, our work shows the social dimension of vegetation, despite the environmental intentions. Geomatic methods, landscape analysis and biogeography methods (statistical analysis of botanical data) are conveyed in the spirit of a renewed environmental geography which mingles physical and human geography. In the Île-de-France Green belt, environmental issues serve urban planning objectives, i.e. contribute to the quality of life in the wealthier parts (Vallée de Chevreuse is used as an example here) and put into urban order the less integrated areas (Plaine de Pierrelaye illustrates this aspect). As a result, a domesticated, gardened, even urbanised type of nature is being created in the surroudings of Paris.


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