Les actes de culte en Grèce : de l’époque mycénienne à la fin de l’époque archaïque

par Karine Rivière

Thèse de doctorat en Histoire et archéologie des mondes anciens

Sous la direction de Marie-Françoise Boussac.


  • Résumé

    Depuis les travaux fondateurs de M. Nilsson, on admet que les cultes grecs de l’époque archaïque héritent des pratiques rituelles des Mycéniens. Pendant toute la période qui s’étend du XIIIe au début du Ve siècle, et au delà, sont surtout consacrées par dépôt, par crémation, et par libation, des denrées issues des travaux des hommes, animaux domestiques, végétaux cultivés et liquides provenant de l’agriculture et de l’élevage. Des évolutions majeures affectent cependant l’organisation de la vie religieuse au cours de ces huit siècles ayant connu des crises, des changements de régime, des déplacements de population importants. Il ne convient cependant pas nécessairement d’opposer les aspects statiques et dynamiques : même les héritages les plus anciens ont progressivement été adaptés aux contextes nouveaux, et c’est particulièrement vrai de ceux qui concernent les consécrations d’offrandes alimentaires. Parce qu’elles s’articulent avec les besoins essentiels de l’homme comme « animal politique » autant qu’elles s’en détachent, ces dernières focalisent l’attention du chercheur sur ce que les actes de culte disent de la place du sacré dans les sociétés grecques en mutation. De l’époque mycénienne à la fin de l’époque archaïque les pratiques religieuses sont des enjeux de pouvoir. La répartition des prérogatives au cours des cérémonies, la définition d’un corpus de denrées jugées adéquates pour les consécrations, et la possibilité, ou non, de partager avec le divin, reflètent et cimentent l’organisation socio-politique des communautés. Si les accidents de la vie religieuse accompagnent ceux de la vie sociale et politique, ils témoignent aussi de l’évolution des mentalités. Propice au développement de la science et de la philosophie, l’époque archaïque a particulièrement favorisé les questionnements sur la pratique des cultes, et les réflexions sur la construction d’un espace sacré singulier.

  • Titre traduit

    Cult practices in Greece : from the Mycenaean down to the Archaic Period


  • Résumé

    Since M. Nilsson’s work, it is accepted that the Greeks of the Archaic Period have inherited some of their religious habits from the Mycenaean era. From the XIIIth down to the VIth century BCE, the Greeks offered to their gods parts taken from domestic animals, cultivated plants, and drinkable liquids by burning them, depositing them in an appropriate place, or pouring them. Still, during eight centuries where there have been huge crisis, political disruptions, and population displacements, major religious changes took place. Those suggest that even practices that seem to have been the same have enventually been adapted to new contexts. This is especially the case for those associated with food offerings. Because they are closely related to the basic needs of humans, but can still be pretty distant from them, food offerings encourage researchers to focus on what religious practices tell us about how sacred matters were embeded into Greek mutating societies. From the Mycenaean down to the Archaic period, cult is an instrument of power. The social and political organisation of Greek communities was both represented and reinforced by the distribution of religious privileges, the definition of which goods were suitable for the offerings, and the possibility, or impossibility, for everyone to share with the gods. Religion and politic share an intimate relationship, but cult practices also closely reflect how the Greeks thought the world they lived in. New questions about religion and the definition of sacred space naturally followed the development of philosophy during the archaic period.

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