L'insularité comme intervalle créateur : poïétique des structures insulaires

par Estelle Cala

Thèse de doctorat en Arts et sciences de l'art. Arts plastiques

Sous la direction de Éliane Chiron.

Soutenue le 10-10-2017

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Arts plastiques, esthétique et sciences de l'art (Paris) , en partenariat avec Institut ACTE (Paris) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Cette thèse d’arts plastiques s’appuie sur ma pratique personnelle. Toutes deux interrogent les contradictions que soulèvent le concept d’insularité et la conscience d’être sur une île qui détermine la condition insulaire (Bonnemaison, Péron). Le rapport à l’extériorité parait ici primordial. Entre ouverture et enfermement : entre l’ici et l’ailleurs, l’eau qui borde l’île est source de tensions. Par cette apparition d’un lointain si proche soit-il (Benjamin) du lieu ou du non-lieu (Augé), l’insularité relève d’un intervalle qui nous interroge et nous fascine. Dans l’île mais aussi dans l’œuvre d’art, qu’est-ce qui lui donnesa forme, en définitive ? Ma production personnelle qui met en jeu transparences, stratifications et décalages convoque l’intervalité. Elle sous-tend des questionnements que nous développerons à la lumière de théories esthétiques déterminantes. Il s’agit de vérifier l’hypothèse selon laquelle les tensions de l’insularité ouvrent à la création artistique. Nous étudierons des structures insulaires comme celle du désert et du labyrinthe (Jabès, Parmiggiani). Les ruptures et liens rhizomatiques (Deleuze) conditionnent toute démarche créatrice. L’enjeu, à la lumière de théories reposant sur l’étude des entre-deux, qu’ils soient physiques (Lestocart), anthropologiques (Buci-Glucksmann), ou encore psychanalytiques (Winnicott), est de mettre au jour les conditions de manifestation des phénomènes poïétiques. L’élucidation des contradictions insulaires et artistiques représente un itinéraire complexe, reposant sur plusieurs niveaux d’interprétation simultanés. Du champ sémantique proposé émerge alors l’expérience artistique et inversement. A l’instar des réseaux mondiaux, les ramifications de cette réflexion sur l’insularité nous mèneront au dépassement de la conscience rhizomatique de nos conditions d’existence stratifiées par des intervalles ; conscience que nous nommerons « l’espace de conciliation ».

  • Titre traduit

    Insularity : intervals as generative makers : poietic analysis of insular structures


  • Résumé

    This thesis is based on my personal practice. Both of them interrogate the contradictions triggered by the concept of insularity and the awareness of being on an island, which determines the condition of insularity (Bonnemaison, Péron). Here, the relation to exteriority appears to be essential. Between the here and the elsewhere, between openness and confinement : the water surrounding the island is a source of tension. Withthe apparition of a distance, however near it may be (Benjamin), of a place or a non-place (Augé), the insularity involves an interval that questions and fascinates us. How does the insularity eventually shape the island and the work of art ? My work attempts to answer this question through the use of transparencies, stratifications and displacements, which summons up the concept of intervality. Questionnings stemming from this concept will bedevelopped in the light of decisive aesthetic theories. My attempt is to test the assumption that tensions emerging from insularity enable artistic creation. My study will ponder on insular structures such as the desert and the labyrinth (Jabès, Parmiggiani), and on the ways splits and rhizomatic links influence all artistic process. My goal is to highlight the conditions in which these poietic phenomena may arise, using theories drawing upon thestudy of in-betweens, be they physical (Lestocart), anthropological (Buci-Glucksmann) or psychoanalytical (Lacan). Solving insular and artistic contradictions involves a complex route building on several simultaneous levels of interpretation. Thus the artistic experience emerges from the semantic field set forth, and conversely. In the manner of global networks, the ramifications of this reflection on insularity will lead us to overcome the rhizomatic consciousness of our conditions of existence, which are stratified by intervals. This specific consciousness will here be called “the space of conciliation”.

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