La problématique sao : entre civilisation, mythologie et construction de l'histoire

par Manga Makrada Maïna

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Bertrand Hirsch.

Soutenue le 14-11-2017

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Paris) , en partenariat avec Institut des mondes africains (France) (équipe de recherche) et de Institut des mondes africains (France) (laboratoire) .

Le président du jury était Anne-Françoise Garçon.

Le jury était composé de Bertrand Hirsch.

Les rapporteurs étaient François-Xavier Fauvelle-Aymar, Filipe Themudo Barata.


  • Résumé

    Dans le bassin du lac Tchad, aux confins des États que sont actuellement le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger coexistaient près des empires et royaumes médiévaux du Borno et Kanem les Sao. Ces Sao animistes étaient considérés par qu’Ibn Furtû comme les véritables autochtones de la région. Grâce aux chroniques de cet imam kanuri, ces populations dont principalement les Sao-Tatala et les Sao-Ngafata nous sont connus plus ou moins en détail. Ils nous sont connus parce que dans ces chroniques, Ibn Furtû décrit les expéditions de son maitre le maï Idriss Alauma qui les a combattus à de nombreuses reprises. Après leur défaite face aux musulmans dirigés par Alauma, les rescapés Ngafata et Tatala migrent vers le sud du lac Tchad, pour s’installer sur les rives du Chari et du Logone où ils occupent certaines terres libres, s’allient aux populations présentes et battissent des buttes anthropiques et développent les pratiques de la terre cuite. Ils apportent avec eux leur savoir-faire, notamment l’architecture et la poterie, la pêche ainsi que leurs croyances. Leur maitrise du travail de la terre cuite leur a permis d’établir de véritables industries dont les produits avaient plusieurs fonctions : cultuelles, usuelles, ludiques et probablement artistiques. Avec la terre, ils construisent aussi des fortifications bâties sur des buttes anthropiques de terre qui avaient deux fonctions : rempart de protection face aux musulmans qui continuent par les poursuivre et contre les inondations. Au cours des siècles, l’histoire de ces populations a considérablement été tronquée aussi bien par leurs adversaires qui obscurcissent leurs mémoires, que par leurs descendants qui trouvent en eux des héros géants. Tout cela donne naissance à de nombreuses légendes et mythes qui tendent à effacer le passé tangible de ce peuple qualifié de «Sao légendaires». Très peu de sources renseignent de façon profonde sur ces populations. Même les informations fournies par les chroniques d’un imam Kanuri, qui semblent pourtant être les plus fiables ne sont pas dénudées d’impartialité. Dans ce bassin du lac Tchad, les Sao y laisseront un héritage culturel considérable, identifiable matériellement et immatériellement. La reconstitution de l’histoire des Sao par les auteurs s’appuie sur une multitude de sources. Outre les sources matérielles comme les buttes anthropiques visibles et les tessons de poteries éparpillées à plusieurs niveaux, il convient aussi de faire mention de la tradition orale où abondent des mythes et légendes.

  • Titre traduit

    The Sao problem : between civilization, mythology and the construction of history


  • Résumé

    In the Lake Chad Basin, at the borders of Nigeria, Cameroon, Chad and Niger, lived Sao’s people next to the medieval empires and kingdoms of Kanem Borno. Sao, black animistic people who was seen as the true native of the region by Ibn Furtû, are considered today wrongly or rightly to have disappeared. These people, mainly Sao-Tatala and Sao-Gafata are more or less known thanks to the chronicles of Iman Kanuri. In these cronicles, he describes his master’s Idriss Alauma expeditions who fought against the mat many times. After their defeat against muslims ruled by Alauma, the surviving Gafata and Tatala migrated to the south of the lake Chad to settle in the free lands of the edges of rivers Chari and Logone. They form an alliance with people already present, build mounds and develop baked clay experiences. They bring their know-how in architecture and pottery, fishing as well as their believes. Their mastery of the work baked clay allowed them to set up true industries which products had many functions : cultural, common ludic and probably artistic. With the clay, they also build fortifications which had two functions : protection defense against Muslims and against the floods. During centuries, the history of these people has considerably been truncated by their opponents who tarnish their memories and by their descendants who see them as great heros. All this gives rise to many legends and myths that tend to erase the tangible past of this people qualified rightly and wrongly “legendary Sao”. Very few sources give information on these people. Even inquiries given by the Imam Kanuri’s chronicles which seem to be reliable are not so lake of impartiality. In this basin of Lake Chad, Sao will leave a considerable and identifiable e cultural heritage which is tangible and intangible. The rebuilding of Sao’s history by authors is based on a multitude of sources. Besides tangible sources such as visible mounds and pottery’s shards scattered at several areas, it is also appropriate to mention that the oral tradition of myths and legends abound.


  • Résumé

    En la cuenca del lago Chad, en los límites de los Estados que actualmente son Nigeria, Camerún, Chad y Níger coexisten cerca de los imperios y reinos medievales de Borno y Kanem, los Sao. Los Sao, animistas, eran considerados por Ibn Furtû, como verdaderos autóctonos de la región. Gracias a las crónicas del imán kanuri, descubrimos estas poblaciones y principalmente los Sao-Tatala y los Sao-Ngafata porque en sus crónicas, Ibn Furtû describe las expediciones de su maestro el maï Idríss Alauma que los ha combatido en numerosas ocasiones. Después de la derrota frente a los musulmanes dirigidos por Alauma, los sobrevivientes Ngafata y Tatala migran hacia el sur del lago Chad, para instalarse sobre las orillas del Chari y del Logone donde ocupan ciertas tierras libres, se alían a las poblaciones presentes, construyen montículos antropogénicos y desarrollan la práctica del barro cocido. Llevan consigo su experiencia y su «conocimientos» 1, la arquitectura y la alfarería especialmente, la pesca y sus creencias. Su conocimiento en el trabajo del barro cocido les permite establecer verdaderas industrias cuyos productos cumplían diversas funciones: culturales, cotidianas, lúdicas y probablemente artísticas. Con la tierra, construyen también fortificaciones edificadas sobre los túmulos antropogénicos de tierra que tenían dos funciones: muralla de protección contra los musulmanes que continúan a perseguirlos, y contra las inundaciones. A lo largo de los siglos, la historia de estas poblaciones ha sido considerablemente truncada tanto por sus adversarios que oscurecen sus memorias, como por los descendientes que encuentran en ellos héroes gigantescos. Todo esto da lugar a numerosas leyendas y mitos que tienden a borrar el pasado tangible de este pueblo calificado como « Sao legendarios ». Muy pocas fuentes informan de manera profunda sobre estos pueblos. Incluso, las informaciones proporcionadas por las crónicas de un imán Kanuri que parecen no obstante las más confiables, no están exentas de imparcialidad. En esta cuenca del lago Chad, los Sao dejarán una herencia cultural considerable, identificable material e inmaterialmente. Los autores que reconstituyen la historia de los Sao, se apoyan sobre un gran número de fuentes. Más allá de las fuentes materiales como los túmulos antropogénicos visibles y los fragmentos de alfarería dispersos en diversos niveles, conviene mencionar la tradición oral donde abundan los mitos y leyendas.

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