Poétiques de la filiation. Clément Marot et ses maîtres : Jean Marot, Jean Lemaire et Guillaume Cretin

par Ellen Delvallée

Thèse de doctorat en Lettres et arts spécialité Littératures française et francophone

Sous la direction de Francis Goyet.

Le président du jury était Michel Magnien.

Le jury était composé de François Cornilliat, Ana Pairet, Estelle Doudet.

Les rapporteurs étaient Nathalie Dauvois.


  • Résumé

    Ce travail porte sur l’évolution de la poésie française au début de la Renaissance, à travers la dette de Clément Marot envers ses maîtres de la génération précédente, les « Grands Rhétoriqueurs » Jean Lemaire, Guillaume Cretin et Jean Marot (le père de Clément). La récente réhabilitation des Rhétoriqueurs a laissé en grande partie intact le présupposé d’une « révolution marotique » : le fils Marot aurait développé un style poétique plus simple, moins grandiloquent que ses prédécesseurs, et renoncé à ses devoirs épidictiques et historiographiques au profit de formes plus courtes et de sujets plus légers. Notre thèse remet en question ce présupposé, de même que la frontière arbitraire entre le Moyen Âge et la Renaissance traditionnellement établie vers 1500 par l’histoire littéraire française. Notre postulat est que l’esthétique de Marot doit aussi être étudiée de façon « généalogique », et notre objectif a été de réévaluer les influences qui ont joué un rôle direct pour la former. Tout d’abord, grâce à des analyses comparées précises de la poésie épidictique de circonstance que les poètes de notre corpus ont adressée à leurs protecteurs (en particulier les déplorations funèbres et travaux historiographiques et de propagande), nous montrons comment les œuvres des trois rhétoriqueurs de la génération précédente évoluaient déjà en réponse à des changements affectant la culture et les devoirs attachés aux milieux de cour ; et comment ces changements, à leur tour, ont annoncé et nourri les innovations de leur successeur. Ensuite, nous analysons le témoignage que Clément donne lui-même de cette évolution, notamment à travers ses hommages réguliers aux trois maîtres qui l’ont éduqué ou conseillé, manifestant ainsi sa dette ou au contraire s’en écartant, mais jamais de façon polémique. Que ce soit en évitant ostensiblement leurs pratiques poétiques ou bien en les copiant tacitement, que ce soit en se présentant comme un élève reconnaissant ou bien comme un poète mûri et autonome, Marot fils n’a eu de cesse d’élaborer une histoire de la poésie récente tout en fondant en même temps une biographie idéalisée. En étudiant à la fois d’indéniables mutations des genres poétiques et le récit personnel qui les met en évidence et leur prête parfois un sens rétrospectif, nous montrons comment les poèmes de Marot construisent un scénario de succession caractérisé par la variété et la subtilité plutôt que par le genre de rupture mise en scène par des mouvements littéraires postérieurs

  • Titre traduit

    Poetics of filiation. Clément Marot and his masters : Jean Marot, Jean Lemaire and Guillaume Cretin


  • Résumé

    This dissertation focuses on the evolution of French poetry in the early Renaissance, by way of Clément Marot’s debt to three writers of the previous generation, the “grands rhétoriqueurs” Jean Lemaire, Guillaume Cretin, and Jean Marot (Clément’s father). The recent rehabilitation of the rhétoriqueurs has left the premise of a “Marotic revolution” largely untouched, for the younger Marot developed a simpler, less grandiloquent poetic style than his predecessors and abandoned the duties of epideictic historiography in favor of shorter forms and lighter subjects. Our research challenges this premise, along with the artificial border between the Middle Ages and the Renaissance traditionally set around the year 1500 by French literary history. We contend that Marot’s art has to be studied in a “genealogical” light as much as on its own terms, and our goal was to reevaluate the influences that played a most direct role in shaping it. First, through close comparative readings of the occasional epideictic poetry addressed by the four writers of the corpus to their patrons (in particular funeral laments, historiography and propaganda works), our thesis shows how the work of three rhétoriqueurs of the last was already evolving in response to shifts affecting court culture and its duties; and how these changes, in turn, announced and nurtured their successor’s innovations. Second, we analyze Clément’s own account of this process: for it was his habit to salute the three masters who trained or advised him, thereby acknowledging his debt – or moving past it, albeit never in a polemical fashion. Whether he ostensibly avoided their poetic practices or tacitly copied them, whether he presented himself as a grateful apprentice or as a mature author making his mark, the younger Marot kept sketching out a history of recent poetry along with a tale of his own life. By studying actual, objective changes regarding poetic genres together with the personal narrative that highlights and makes retrospective sense of some of them, we show how Marot’s work implies and builds up a succession scenario, characterized by variety and subtlety rather than by the kind of rupture dramatized by later literary movements


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