Le vivrier marchand dans la lutte contre la pauvreté des ménages en milieu rural : le cas du département de la Mvila dans le sud du Cameroun

par Amélie Philomène Ebela

Thèse de doctorat en Géographie humaine

Sous la direction de Bénédicte Thibaud.

Soutenue le 29-06-2017

à Bordeaux 3 , dans le cadre de École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde) , en partenariat avec Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde) (laboratoire) .

Le président du jury était Bernard Charlery de La Masselière.

Le jury était composé de Bénédicte Thibaud, Yamna Djellouli, Laurien Uwizeyimana.

Les rapporteurs étaient Yamna Djellouli, Laurien Uwizeyimana.


  • Résumé

    Ce travail aborde l’enjeu du vivrier marchand dans la lutte contre la pauvreté des ménages dans l’espace rural du département de la Mvila. L’agriculture vivrière est encore pratiquée par plus de 80% de la population active dans les villages de la Mvila. Pendant longtemps, les cultures vivrières sont exclusivement autoconsommées dans la cellule familiale. Aujourd’hui, s’il est vrai qu’une grande partie de leur production est encore destinée à cette fin, quelques ménages font progressivement du vivrier marchand une réelle ressource économique. L’augmentation de la commercialisation vivrière est souvent une réponse à la baisse du pouvoir d’achat de nombreux ménages agricoles ou à la croissance de la population urbaine non agricole. Cependant, indépendamment des motivations qui guident le choix du vivrier marchand, il semble souvent une opportunité financière qui peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans les villages. Depuis 1960, l’État multiplie des tentatives visant à réduire les stéréotypes qui associent exclusivement l’agriculture vivrière à l’autoconsommation. Après la crise agricole de la fin des années 1980, la relance de la promotion du vivrier marchand s’intensifie. Pour atteindre cet objectif, il s’ensuit la légalisation des GIC et le financement de divers programmes de subventionnement et d’accompagnement des producteurs. Pourtant, dans les villages du département de la Mvila, la commercialisation vivrière évolue timidement. Et pour beaucoup de ménages, le vivrier marchand reste une source de revenus accessoire. Par conséquent, de façon générale, la contribution de cette activité à la réduction de la pauvreté rurale est encore insuffisante. De nombreuses raisons permettent de comprendre l’insuffisance des résultats de cette stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté rurale. Il s’agit par exemple de la dépendance paysanne à la cacaoculture ou de la baisse des dynamiques des ménages ruraux autour de la commercialisation vivrière. Cette situation est aussi entretenue par l’absence de modernisation des appareils productifs et commerciaux des cultures vivrières. Un environnement qui entraîne une baisse des volumes, augmente les risques et diminue la rentabilité économique de cette activité. Et, malgré l’évidence de quelques dynamiques des organisations paysannes, l’ampleur des défis actuels restreint beaucoup la faisabilité des initiatives de lutte contre la pauvreté des ménages ruraux avec le vivrier marchand.

  • Titre traduit

    Food-producing trade in the struggle against poverty of the households in rural areas : the case of the Mvila department in south of Cameroon


  • Résumé

    This research examines the role of food-producing trade in fighting against poverty in the rural households of Mvila division in Cameroon. Subsistence agriculture appears to be the principal production activity in the target villages 80% of the active population interviewed is involved in such activities. For a long time, self-consumption has been the main orientation of crop production. However, food-producing trade has gained a lot of economic importance these last years. By so doing farmers find alternative income source after cocoa price has dropped while the urban population, not involved in agriculture, has significantly increased. Regardless of the motivations behind the choice of farmers, food-producing trade leads to income diversification and financial power aiming at improving the living conditions of rural people. Since 1960, the central government of Cameroon has been trying to change believes that restrict food crop production to self-consumption in the households. The crucial economic crisis associated with agricultural export products led to Food-producing trade intensification. This objective has been accompanied by Common Group Initiative (CGI) encouragement and other financing subsidy bodies in the rural areas. It is however worthy noticing that, the villages of Mvila division are far to emerge in income generating activities as many households are still timid in adopting food-producing trade. Therefore, the contribution of such activities to poverty reduction is still insufficient. This kind of contradiction can be justified by several factors, including farmer dependence on cocoa farming or farmer fatigue on agriculture and marketing in general. This situation is also sustained by the lack of modernization of the productive and commercial food crop equipments. That global environment leads to decrease of agricultural production volumes and economic return while the risks increase in rural areas. Although some farmer organizations obtain good results, the scale of the current challenges greatly restricts the feasibility of rural households' poverty alleviation initiatives.


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