L'esthétique de soi : individu(s), corporéité(s) et apparence(s) genrée(s)

par Marion Braizaz

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Danilo Martuccelli.

Le président du jury était Éric Macé.

Le jury était composé de Danilo Martuccelli, Éric Macé, Pascal Duret, Anne Gotman, Isabelle Clair.

Les rapporteurs étaient Éric Macé, Pascal Duret.


  • Résumé

    Faire du rapport des individus à leur apparence corporelle une véritable question sociologique, telle fut l'ambition de cette thèse. Prenant appui sur un étonnement intellectuel - relatif à la difficile constitution du champ de la sociologie du corps et au décalage fort entre l'omniprésence des enjeux esthétiques dans le monde social (notamment médiatique) et leur modeste considération dans l'espace des sciences sociales - cette visée s'est matérialisée par la mise en oeuvre d'une enquête qualitative, menée entre 2013 et 2014, auprès de 60 individus (32 femmes et 28 hommes), âgés de 21 à 52 ans. Cette étude, dont le fil conducteur a été de mettre en exergue les modalités de l'expérience esthétique des individus (coûts, bénéfices, vécus, stratégies, dans le rapport à soi et à autrui), s'est appuyée sur l'outil analytique du genre, véritable catalyseur de l'injonction à l'autonomie et à la réflexivité esthétique à l'oeuvre depuis la seconde moitié du XXème siècle. Les deux axes analytiques qui orientent la trame de cette thèse sont ainsi les suivants : (1) quels sont les enjeux des dimensions « intra-genre », « inter-genre » dans la construction d'une identité esthétique, (2) dans quelles mesures la dialectique entre rapport à soi et rapport à autrui constitue-t-elle le socle de l'appropriation esthétique d'un soi genré ? Effectivement, en étudiant l'apparence comme une théâtralisation du genre des individus, nous avons notamment pu mettre en évidence combien la consistance des corps et les pratiques esthétiques représentaient des modalités essentielles de la recomposition contemporaine des existences genrées. Notre enquête nous a ainsi amenée à penser que la posture analytique la plus légitime pour une sociologie de l'apparence est celle qui envisage cet objet « apparence » avant tout comme une expérience réflexive à laquelle chacun se trouve confronté, le rapport au corps constituant un support identitaire central pour l'individu contemporain. En ce sens, l'étude du « bricolage esthétique de soi » des acteurs sociaux constitue à nos yeux une orientation pertinente pour les sociologues afin d'appréhender les contours de ce qu'être un individu (incarné) aujourd'hui dans notre société représente pour tout un chacun.

  • Titre traduit

    Self-esthetics : individual(s), gendered body(ies) and appearance(s)


  • Résumé

    Studying the relationship of individuals with their own body and appearance as a real sociological question, such was the aim of this thesis. Building on an intellectual astonishment - the difficult constitution that marked the field of the sociology of the body and the huge gap between the omnipresence of aesthetic issues in the social world (including media) and their modest consideration in the Social Sciences world - this aim has been materialized through the implementation of a qualitative survey, conducted between 2013 and 2014, with 60 individuals (32 women and 28 men), aged from 21 to 52 years. The common thread of this study was to outline the terms of the aesthetic experience of individuals (costs, benefits, experiences, relationship with oneself and with others) and we used the analytical tool of gender, real catalyst of the autonomy and aesthetic reflexivity injunctions ongoing in our society since the second half of the twentieth century. The two analytical axes that guide the frame of this thesis are as follows: (1) what are the issues of the two dimensions: "intra-gender", "cross-gender" in the construction of an aesthetic identity, (2) to what extent the dialectic between self-relation and relationships with others could be the base of the aesthetic appropriation of a gendered self? Indeed, studying the appearance as a dramatization of the gender of individuals, has enabled us to highlight how the consistency of the body and aesthetic practices represente essential modalities regarding the contemporary restructuring of gendered lives. Our investigation let us think that the most legitimate analytical posture for a sociology of appearance is the one considering this item "appearance" first and foremost as a reflexive experience to which each individual is faced, relationship with the body constituting a central identity support for the contemporary individual. In this sense, the study of "self-esthetics handiwork" of social actors is in our opinion a relevant guidance for sociologists to grasp the framework of what being an (embodied) individual today in our society represents for everyone.

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